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Monday, August 20, 2012
Valerie Amos and Laurent Vieira de Mello : World Humanitarian Day 2012
"Every act of kindness, of help and support, can contribute to humanitarian work around the world" - Valerie Amos.
"Valerie Amos is the UN Under Secretary-General for Humanitarian Affairs and Emergency Relief Coordinator. Laurent Vieira de Mello is the son of Sergio Vieira de Mello, the Secretary General's Special Representative in Iraq who was killed in the bomb attack of August 19th 2003. Laurent is the chairman of the Sergio Vieira de Mello Foundation, a group dedicated to promoting dialogue for peaceful conflict resolution and advocating for the security and independence of humanitarian actors around the world".
Saturday, March 31, 2012
Tuesday, September 06, 2011
World Humanitarian Day 2011 | 19 August | UNifeed:Geneva/de Mello
Wife of the late Sergio Vieira de Mello, Annie Vieira de Mello, said today that World Humanitarian Day is now important for all people working in very difficult places. "(...) They're just being remembered. They're being part of the family and I think that's the day for solidarity." .World Humanitarian Day is observed on the anniversary of the bombing of UN Headquarters in Baghdad in 2003 which killed UN Special Representative Sergio Vieira de Mello and 21 colleagues.
CH UNTVDuration:01:52 Date:19 August 2011 Link,http://www.unmultimedia.org/tv/unifeed/d/18318.html
Monday, May 16, 2011
Friday, April 01, 2011
2011 annual Sergio Vieira de Mello Lecture | 2011 Sergio Vieira de Mello Award
Album: Annual lecture 2011 Sergio Vieira de Mello Foundation
José Manuel Durão Barroso, Annie Vieira de Mello, Adrien et Laurent Vieira de Mello http://www.sergiovdmfoundation.org/wcms/index.php?option=com_anotherpicasa&view=album&Itemid=200&lang=pt .
Martina Pignatti Moreno, presenting Al-Messala ONG http://www.sergiovdmfoundation.org/wcms/index.php?option=com_anotherpicasa&view=album&Itemid=202&lang=en .
José Manuel Durão Barroso, Annie Vieira de Mello, Adrien et Laurent Vieira de Mello http://www.sergiovdmfoundation.org/wcms/index.php?option=com_anotherpicasa&view=album&Itemid=200&lang=pt . Album: Annual award 2011 Sergio Vieira de Mello Foundation
Martina Pignatti Moreno, presenting Al-Messala ONG http://www.sergiovdmfoundation.org/wcms/index.php?option=com_anotherpicasa&view=album&Itemid=202&lang=en .
Thursday, March 31, 2011
Sunday, August 08, 2010
Thursday, April 01, 2010
The 2010 annual Sergio Vieira de Mello Lecture
THURSDAY 11th MARCH 2010
The 2010 annual Sergio Vieira de Mello Lecture was delivered by Dr. Bernard Kouchner, French Minister of Foreign and European Affairs.
French Minister of Foreign Affairs, Bernard Kouchner, delivers his message during the Memorial Lecture of the Sergio Vieira de Mello Foundation at the International Conference Centre Geneva (CICG) in Geneva, Switzerland, Thursday, March 11, 2010. AP Photo.
Monsieur le Président du Timor-Oriental,
Monsieur le Conseiller d'Etat,
Madame la Chancelière d'Etat,
Monsieur le Maire,
Monsieur le directeur général de l'Office des Nations Unies à Genève
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,
Je suis très ému d’être parmi vous aujourd’hui, pour rendre hommage à l’engagement, à la pensée, à la philosophie de Sergio Vieira de Mello. Et je voudrais remercier Mme Vieira de Mello, ainsi que l'Institut des hautes études internationales et de développement, de m’avoir invité à intervenir pour la troisième édition de cette Conférence.
Sergio a été pour moi, pendant trente ans, le compagnon exigeant d’une aventure obstinée. Pas un mois ne se passait sans que nous nous parlions. Nous nous sommes retrouvés aux quatre coins du monde. Nous nous sommes retrouvés aussi sur les chemins de la pensée. Sergio était un lecteur infatigable, homme de culture et de philosophie. Il était aussi un aventurier de l’humanisme.
Beaucoup parmi vous s’en souviennent sans doute. Il y a presque 10 ans, il a prononcé ici, à Genève, une très belle conférence intitulée : « l’ONU face à l’irrationnel dans l’histoire ».
Dans cette conférence, Sergio essayait de faire partager son expérience d’homme de terrain et de poser quelques jalons pour l’avenir. Sa pensée, son expérience étaient celle d’un vrai humaniste, qui sait regarder les faits en face sans jamais s’incliner devant le fait accompli. Il disait : « Confronté à nombre des excès les plus choquants des trois dernières décennies, quelques interrogations ont surgi de façon récurrente, et parfois obsessive, et je souhaiterais partager aujourd’hui ces interrogations avec vous ».
Eh bien je voudrais rendre hommage à cette sincérité, et vous faire partager à mon tour quelques interrogations récurrentes, qui sont le fruit de quarante ans de lutte. Et je voudrais le faire dans le même esprit : tenter de poser des jalons pour l’avenir.
Où en sommes-nous, dix ans après cette conférence, de la préoccupation inlassable pour laquelle Sergio a finalement donné sa vie ? Qu’est-ce qui a changé ? Qu’avons-nous appris, et que devons-nous faire ?
***
Quelque chose n’a pas changé, et je voudrais commencer par là. Ce qui n’a pas changé, et qui ne changera pas, et qu’il faut regarder tous les jours avec des yeux neufs, pour lutter contre l’habitude qui endort, le cynisme qui guette, et le confort des cadres établis : c’est la fragilité de cette toute petite chose, de cette chose immense : la dignité humaine.
Ce qui n’a pas changé non plus, c’est la nécessité de protéger la dignité humaine contre l’instinct de mort à l’oeuvre dans l’histoire. Pourquoi ? Parce que le silence est insupportable. Parce que l’indifférence est insupportable. Parce qu’il faut appeler les choses par leur nom : un crime est un crime, le nombre n’y change rien. Parce que refuser de se taire, c’est déjà relever l’homme – un peu. L’humanité a certes engendré Guernica mais elle a aussi engendré Picasso.
Il y a une catégorie de crimes qui est longtemps passée inaperçue. Contre laquelle on n’a longtemps rien fait, et que l’on acceptait comme un « reste muet de la politique », comme disait Michel Foucaut. Ce sont les crimes de masse qui se parent des moyens et des justifications de l’Etat, ces crimes contre lesquels Sergio s’est dressé.
Toutes les justifications sont bonnes. L’irrationnel dans l’histoire est prêt à prendre toutes les formes. Il y a eu les crimes commis au nom de l’Eglise. Il y a eu l’Inquisition. Il a fallu des décennies pour que la conscience publique se réveille, par la voix de Voltaire, et fasse tomber l’Inquisition.
Mais il y a aussi les crimes commis au nom de l’Etat, et à l’ombre des protections dont les Etats s’entourent – ces protections lentement érigées par le droit international. Là encore, Sergio avait ses mots pour le dire. « Le droit international a érigé beaucoup de remparts efficaces autour des Etats, mais pas assez autour de la personne humaine ».
Lutter contre l’irrationnel dans l’histoire, c’est lutter contre ces crimes muets, contre ce silence lourd de dissimulation et de mensonge. C’est lutter contre l’idée selon laquelle l’Etat moderne est la raison dernière de l’histoire – parce que l’Etat moderne enveloppe aussi sa part d’irrationnel.
C’est tenter d’ériger un ordre pour canaliser la violence des Etats, comme les Etats canalisent, ou tentent de le faire, la violence des individus. C’est choisir de prolonger le mouvement de l’histoire – ne pas se réfugier derrière le rempart du fait, mais inventer le droit pour que l'humanité enfin se rassemble.
***
Mes chers amis, je ne sais pas si l’on mesure encore le chemin qu’il a fallu accomplir – et ce n’est pas fini ! L’ONU a d’abord été créée pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales. Il a lui a fallu ouvrir les yeux sur d’autres violences, commises à l’intérieur des Etats, et dont les civils toujours paient le prix fort, et les réfugiés en particulier.
Dans le droit international, dans les consciences et dans la politique, c’est une révolution que ce changement qui allait des Etats vers les individus. C’est le même genre de révolution que celle qui a mis fin, en Europe au XVIIIème siècle, au silence qui entourait l’Inquisition.
Nous disposons maintenant d’un principe, adopté par consensus par les chefs d’Etat et de gouvernement, tous réunis à l’unanimité, lors du Sommet mondial des Nations-Unies en septembre 2005. Ce principe est celui de la responsabilité de protéger, que nous avons longtemps appelé devoir ou droit d’ingérence.
Il rappelle à chacun des Etats que sa responsabilité première – et je dirais : sa raison d’être – est de protéger sa population. Il reconnaît la possibilité de mener une action collective, au nom de la communauté internationale, pour protéger une population lorsque l’Etat qui en a la charge ne peut pas, ou ne veut pas, la protéger lui-même.
Essayons d’y voir clair : qu’est-ce qui distingue trois expressions qui se ressemblent – et que tout le monde ou presque confond : devoir d’ingérence, droit d’ingérence, responsabilité de protéger ?
Tout a commencé avec le devoir d’ingérence. Le devoir d’ingérence c’est une injonction, un impératif, un appel : une morale de l’extrême urgence, face aux mains qui se tendent et aux visages que déforme la douleur sans réponse. Il n’y a pas de droit pour les protéger. Une morale, d’abord, a invité ce droit.
Et le droit a suivi. C’est la deuxième étape : le droit d’ingérence – qui inscrit dans le droit le principe d’accès aux « victimes des catastrophes naturelles et des situations d’urgence du même ordre », et la possibilité d’utiliser la force pour accompagner les convois humanitaires.
Et puisque nous sommes à Genève, permettez-moi un souvenir. C’est ici, au château de Bellerive, en 1991, que nous avons conçu, avec le prince Aga Khan, avec Perez de Cuellar, Staffan de Mistura, et Jean-Maurice Ripert, le texte de la résolution 688 du Conseil de Sécurité, qui instituait, pour la première fois, le droit d’ingérence afin de protéger les Kurdes d’Irak.
La responsabilité de protéger enveloppe à la fois ce droit et ce devoir. Elle a une face tournée vers le devoir : pour chaque Etat, c’est un devoir de protéger sa population contre le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique, les crimes contre l’humanité et bien d’autres, y compris les catastrophes naturelles et les épidémies. Et la communauté internationale a la charge, en dernier recours, de se substituer à l’Etat défaillant qui manque à ce devoir.
La responsabilité de protéger a aussi une face qui est tournée vers le droit : ce n’est pas seulement le droit d’accès aux victimes. C’est aussi la responsabilité pénale des individus qui se sont rendus coupables de crimes de guerre, de génocide, de nettoyage ethnique, et de crime contre l’humanité. Ceux-là seront appelés à répondre de leurs actes.
La responsabilité de protéger est une notion ambitieuse. C’est une avancée courageuse. Elle ne permet pas seulement d’intervenir au plus fort des crises. Elle rappelle aussi, solennellement, que les Etats ont des devoirs, qui sont des droits pour les populations. Il est remarquable que des représentants de tous les continents se soient accordés sur ce nouveau principe.
Nul n’a le droit de prendre sa population en otage. Nul n’a le droit de laisser mourir son peuple, alors qu’il est possible de le sauver – en ouvrant les portes aux personnels humanitaires. Fermer la porte aux personnels humanitaires : cela n’a rien à voir avec la souveraineté. C’est la souveraineté poussée jusqu’à l’absurde – qui se trahit elle-même !
Je crois que la question mérite d’être posée : la responsabilité s’arrête-t-elle aux situations de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de génocide ?
Que faites-vous, lorsque la population civile est décimée par le choléra, que les moyens sont disponibles pour sauver ceux qui meurent, et que l’Etat ne fait rien, ne peut rien faire, ne veut rien faire – sinon fermer ses portes ? Je pose à nouveau la question : « faut-il les laisser mourir ? » Au nom de quoi ?
Que faites-vous lorsqu’un cyclone a tout ravagé, lorsqu’il y a des milliers de morts et de blessés, et qu’un gouvernement absurde dit : « non » à ceux qui veulent aider ? Quelle est la valeur de ce « non » ? Quelle force a-t-il, dans la bouche de ceux qui trahissent leur devoir ? Quelle force a-t-il, en face de l’impérieuse responsabilité de porter assistance ? Qu’est-ce qui nous arrête et qu’est-ce qui doit nous arrêter ? Il faut savoir ce que l’on veut.
Chers amis, chaque fois qu’un pays empêchera du personnel humanitaire de porter secours aux populations civiles, la France fera tout ce qui est en son pouvoir pour condamner l’action de ce pays. Elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour que la Communauté internationale se rallie à cette cause avant qu’il ne soit trop tard.
On ne peut pas se réfugier derrière l’excuse de l’impuissance. Jamais les Etats n’ont disposé d’autant de moyens pour intervenir. Jamais il n’y a eu autant de volontaires, prêts à se rendre sur le terrain. Jamais les moyens logistiques n’ont été à ce point développés. Jamais l’information n’a été à ce point disponible.
Nous pouvons ne rien faire. Mais alors c’est un choix politique. Dans tous les cas, notre impuissance est sans excuse.
***
Depuis 2005, où en sommes-nous ? La déclaration de 2005 n’est pas une avancée sans suite. Elle n’est pas comme ces étoiles qui brillent d’autant mieux que la nuit les entoure. Le consensus a été renouvelé le 14 septembre 2009 par une Résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies. C’est un signe encourageant de la constance de la communauté internationale.
Et plus récemment encore, le 11 novembre 2009, le Conseil de Sécurité a adopté à l’unanimité une résolution sur la « Protection des civils dans les conflits armés », dans laquelle il reconnaît sa responsabilité propre, au titre de la responsabilité de protéger. C’est la première fois, qu’une résolution fait le lien entre la responsabilité de protéger, et la nécessaire protection des civils dans les conflits armés.
Il est important que la protection des civils dans les conflits armés devienne une priorité de l’action des Nations Unies, et qu’elle soit pleinement intégrée au mandat des opérations de maintien de la paix. Mais il est important, aussi, que la protection des civils soit rattachée à la source dont elle découle : la responsabilité des Etats, de protéger leurs populations, et la responsabilité de la Communauté internationale, de protéger ceux que personne ne protège !
Chers amis, vous le voyez, je m’en réjouis : la responsabilité de protéger progresse dans les textes et fait, lentement, son chemin dans les esprits.
***
Je veux répondre tout de suite à ceux qui disent : « Ce n’est qu’un principe. Ce ne sont que des mots ». Non, ce n’est pas qu’un principe. Parce que le fait a précédé le droit. Les Nations-Unies sont d’abord intervenues sur le terrain, au Timor Oriental, en Albanie, au Sierra Leone, au Kosovo. Elles ont consacré ensuite la responsabilité de protéger.
Nous avons eu des résultats avant même que le principe soit posé et reconnu ! Un Etat – la République du Timor Oriental – est même né de l’ingérence, ce qui était improbable il y a dix ou quinze ans !
Et je pense, après le Kosovo et le Timor, après le Sierra Leone et l’Albanie, tous ces Etats où l’on retrouve non seulement la trace et la mémoire, mais surtout l’esprit de Sergio Vieira de Mello, que l’on peut gagner la partie si tous les conservatismes du monde ne reprennent pas le pouvoir en même temps. Une conscience universelle de notre responsabilité se forge peu à peu. Demain, les crimes d’Auschwitz et ceux des Khmers rouges seront plus difficiles à accomplir.
On n’a pas seulement une loi. On a aussi le juge qui permet de sanctionner. Le complément indispensable de la responsabilité de protéger, c’est la justice pénale internationale. L’une progressera de concert avec l’autre, ou ne progressera pas.
Il y avait eu le tribunal de Nuremberg. Et puis plus rien. Le silence des nations. A la fin des années 90, l’indignation humanitaire a réveillé la conscience publique. Elle a obtenu la création de tribunaux de l’ONU pour la Yougoslavie et pour le Rwanda. Elle a obtenu, surtout, la mise en place d’une Cour Pénale Internationale.
Ces juridictions existent par la volonté commune des nations qui entendent porter haut et fort la voix de la conscience publique. Ces juridictions ont été créées contre la volonté des gouvernants incriminés – pour des raisons d’ailleurs tout à fait opposées dans le cas du Rwanda et de l’ex-Yougoslavie. Tantôt on craignait que le Tribunal soit trop clément. Tantôt on lui reprochait une sévérité excessive. Et le débat continue.
Quel est le résultat ? Aujourd’hui le Rwanda, comme les pays de l’ex-Yougoslavie, se réjouissent de l’action entreprise par la justice internationale. La justice a parlé. Et c’est une condition essentielle au retour de la paix. On ne construit pas la paix sur l’injustice, sous prétexte que l’injustice est recouverte du linceul transparent du silence !
Mutilez, coupez, tranchez, volez, annexez, démembrez : vous créez la haine profonde. Vous indignez la conscience universelle. La vengeance couve. L’explosion sera en raison de l’oppression. Quelle est la seule manière d’éviter que la haine, à nouveau, n’explose ? C’est d’empêcher que l’impunité soit la règle !
La justice internationale a un prix, et une condition. C’est que le plus grand nombre d’Etats y participe. Plus les Etats seront nombreux, unis comme par une même pensée, plus ils auront de force pour faire valoir le droit. Les nations réunies ont un pouvoir qu’aucune nation ne peut avoir toute seule, même les plus grandes. Et ce pouvoir, c’est de porter la voix de la conscience humaine.
L’injustice fait son lit des divisions de la communauté internationale. Elle ne subsiste pas longtemps quand elle est privée de soutiens extérieurs, et qu’elle réunit contre elle l’unanimité.
Qu’est-ce qui a rendu possible les crimes de masse lors du délabrement de l’ex-Yougoslavie ? La désunion des pays européens ! Les pays européens n’ont rien pu faire, parce qu’ils étaient politiquement en désaccord sur la conduite à tenir. Qu’est-ce que la crise de Bosnie a démontré ? La nécessité d’une plus grande unité européenne et de la communauté internationale ! Et aujourd’hui, l’Union européenne a tiré les leçons de ces heures difficiles, elle soutient aussi activement la responsabilité de protéger, et travaille aux moyens de sa pleine mise en oeuvre.
***
Soyons lucides : il a fallu des années pour que la notion de responsabilité de protéger soit adoptée. Il faudra encore bien des efforts pour qu’elle soit appliquée de manière satisfaisante.
Nous sommes confrontés à un triple problème. Il y a un problème financier : les interventions coûtent cher. La question est sensible, surtout en temps de crise.
Il y a un problème militaire : la formation des troupes, et la rapidité avec laquelle on peut les mobiliser et les déployer.
Enfin et surtout, il y a un problème politique : rallier la volonté des Etats, de tous les Etats, et d’abord la volonté de tous les membres du Conseil de Sécurité.
Un énorme travail politique reste à faire. Certains Etats contestent, de plus en plus et je le regrette, l’avancée de 2005, pendant que d’autres contestent le recours aux institutions de l’ONU. Il faut les convaincre, et d’abord par l’exemple, et en prenant l’initiative chaque fois qu’une occasion se présente.
Lors de la crise Kenyane, nous ne pouvions courir le risque d’un nettoyage ethnique. Et nous ne pouvions pas non plus tolérer que le régime de Rangoun bloque l’aide humanitaire destinée aux populations civiles touchées par le cyclone Nargis.
J’ai pris position publiquement sur chacune de ces crises. D’autres membres du Conseil de Sécurité ont considéré qu’elles ne faisaient pas partie des cas d’application de la responsabilité de protéger.
Nous ne pourrons les convaincre que si nous comprenons les raisons profondes de leur réticence. Il faut le dire : le climat du monde a changé. Le problème ne concerne pas seulement la responsabilité de protéger. Il concerne, plus largement, l’adhésion au multilatéralisme, le renforcement de la coopération internationale et l’adhésion aux principes mêmes de l’ONU.
Sergio s’en inquiétait déjà. Il avait raison de dire : des progrès considérables ont été accomplis. Mais ils passent désormais inaperçus : nous les tenons pour acquis, et nous ne leur accordons plus l’importance qu’ils méritent. Nous sommes inconscients du prix de notre insousciance. Et cette inconscience, c’est le début du repli.
Que voyons-nous aujourd’hui ? Nous voyons des gouvernements qui s’accrochent à leur intérêt étroit – parce qu’ils n’ont pas compris que la vraie grandeur, la seule grandeur, l’immense victoire : c’est le compromis ! C’est d’être un peu moins sûr de soi mais pour aller plus loin – avec les autres.
Aucun problème d’envergure – je dis bien : aucun – ne pourra bientôt plus se résoudre de manière unilatérale ou bilatérale. C’est vrai pour la responsabilité de protéger. C’est vrai pour les questions climatiques. C’est vrai pour les questions financières. Continuer de croire que l’on peut jouer contre les autres, ou même sans les autres, c’est jouer contre soi !
Quel est le gouvernement du passé ? C’est celui qui se replie derrière les certitudes étroites de la souveraineté. Quel est le gouvernement de l’avenir ? C’est celui qui regarde l’aurore par delà l’horizon, c’est-à-dire l’intérêt collectif de l’humanité qui se lève.
Le vrai gouvernement n’est pas, et ne sera jamais, celui qui va en arrière. Il y a un abîme en effet. Il est derrière nous – dans les réflexes hérités du passé. Prenez garde aux pas en arrière !
Le multilatéralisme est un volontarisme. Il faut bien plus d’audace pour décider un compromis, que pour s’entêter dans l’égoïsme stérile ! Agir avec les autres ce n’est pas renoncer à sa volonté, c’est redoubler de volonté !
Sortons ces gouvernements de la myopie qui est la leur ! Il est temps de leur rappeler qu’il y a quelque chose au-dessus d’eux : la société qu’ils forment tous ensemble. C’est cela le message de Sergio Vieira de Mello ! Il est temps de leur faire remarquer qu’ils doivent s’unir parce qu’ils partagent les mêmes espoirs et les mêmes craintes.
***
Le repli n’est pas inéluctable. On trouve dans un texte admirable l’affirmation du principe suivant – je le cite : « Le droit de l’Union d’intervenir dans un Etat membre sur décision de la Conférence, dans certaines circonstances graves, à savoir : les crimes de guerre, le génocide et les crimes contre l’humanité ».
Savez-vous d’où vient cette phrase ? Savez-vous quel est ce texte ? S’agit-il d’une déclaration de l’Union Européenne ? S’agit-il d’une déclaration des Nations Unies ? S’agit-il d’une déclaration de l’OTAN ? Non ! Il s’agit de la Charte de l’Union africaine, article 4, alinéa H ! Et de quand date ce texte ? De juillet 2000, c’est-à-dire 5 ans avant la Déclaration du Sommet mondial de 2005 !
Qui peut dire, après cela, que la responsabilité de protéger est une cause uniquement occidentale, défendue par certains au profit de certains, et d’abord d’eux mêmes ?
La responsabilité de protéger est une cause universelle. Et que veut dire « universel » ? Cela veut dire que chacun peut se l’approprier. De cette cause, chacun peut faire sa cause – une cause dans laquelle il se reconnaît, une cause dont il est fier ! Pas seulement les Nations Unies, mais chaque groupement d’Etats, chaque organisation régionale.
L’Organisation Internationale de la Francophonie s’est prononcée à diverses reprises en faveur de la responsabilité de protéger – notamment dans sa déclaration de Ouagadougou, puis dans celle de Saint-Boniface le 14 mai 2006.
L’Union africaine a inscrit la responsabilité de protéger dans sa Charte. L’Union européenne la défend activement, sur tous les fronts. Elle a mis cette notion, et avec elle la prévention, au coeur de la « Stratégie européenne de sécurité ».
Je crois que c’est comme cela, aussi, que nous ferons avancer cette cause : à travers les organisations régionales qui, de plus en plus, de mieux en mieux, apportent un semblant de stabilité au monde.
***
Pour aller de l’avant, nous devons aussi agir au niveau de la conscience publique. C’est la conscience publique qui réveille les gouvernements, et qui les pousse à dépasser un certain égoïsme. C’est la conscience publique qui renverse les tyrans. Parce que les tyrans, qui n’ont pas d’âme, ne savent pas que les peuples en ont une !
Il y a un très beau texte de Victor Hugo qui dit cela – un texte qui préfigure exactement la responsabilité de protéger : « Il y a des heures où la conscience humaine prend la parole et donne aux gouvernements l’ordre de l’écouter ».
Qu’avons-nous le plus à craindre aujourd’hui ? Le déclin de l’indignation et l’affaiblissement de la conscience publique. A quoi devons apporter tous nos soins ? Fortifier, éclairer, développer la conscience publique.
Car aujourd’hui l’indignation décline. Chose pire, elle s’organise. Elle s’exerce à heure fixe et à sens unique. Nos protestataires sont parfois devenus hémiplégiques. Ils choisissent parmi les victimes et décrètent que les unes sont attendrissantes tandis que les autres sont obscènes.
Pendant un temps, les images ont porté l’indignation du monde. Pendant un temps on a pu dire : le meilleur ennemi de l’oppression, c’est la photographie. Ce n’est plus vrai. Les massacres perpétrés en Guinée Conakry, en septembre dernier, n’ont pas ému – ou peu, ou pas assez – l’opinion publique. C’est aux gouvernements qu’il est revenu de lutter contre la banalisation.
On pourvoit à l’éclairage des villes. Quand donc comprendra-t-on que la nuit peut se faire aussi dans la conscience publique, et qu’il faut allumer des flambeaux pour les esprits ? Nous devons déjouer les illusions trompeuses des idéologies nouvelles – qui sont nées précisément de l’effondrement des idéologies.
Un piège nous est tendu. Ne tombons pas dans ce piège ! Un piège nous est tendu par tous ceux qui, pour préserver leurs intérêts et pour cacher leurs fautes, se cachent derrière l’étendard de la diversité.
Un piège nous est tendu par tous ceux qui, pour échapper à leurs responsabilités, essaient d’instiller chez les défenseurs des droits de l’homme le doute et la mauvaise conscience.
Un piège nous est tendu par tous ceux qui prétendent se battre pour défendre leur culture, alors qu’en vérité ils utilisent la culture comme une arme de guerre – ce qui est détruire l’idée même de culture !
Chers amis, la responsabilité de protéger avancera dans les faits si elle avance dans les esprits. Nous devons retrouver le sens de l’humanisme véritable : ne pas fuir dans l’horizon désabusé du mieux qui est l’ennemi du bien, chercher la voie étroite entre l’idéal sans action et l’action sans idéal.
Nous avons besoin d’une conscience publique plus forte. C’est notre responsabilité à tous. Nous avons besoin que des Etats plus nombreux viennent la relayer. C’est l’engagement de la France.
***
L’humanitaire n’est pas seulement un humanisme. C’est un style d’action, une quête de cohérence, qui lentement transforme le monde. Cette quête ne connaît pas de fin, pas de repos, pas de répit. L’âge ne doit pas l’amoindrir. L’histoire ne se stabilise pas, ni dans le bonheur, ni dans le malheur des peuples.
Je pense à tous ceux qui ont cru qu’aucun drame n’était hors de portée de leur indignation. Je pense à ceux qui se sont dévoués au point d’en perdre la vie. Je pense à tous ceux qui partagent cette devise, chantée par Léonard Cohen et que je fais mienne : « On m’a dit : résigne-toi. Je n’ai pas pu ».
The 2010 annual Sergio Vieira de Mello Lecture was delivered by Dr. Bernard Kouchner, French Minister of Foreign and European Affairs.
French Minister of Foreign Affairs, Bernard Kouchner, delivers his message during the Memorial Lecture of the Sergio Vieira de Mello Foundation at the International Conference Centre Geneva (CICG) in Geneva, Switzerland, Thursday, March 11, 2010. AP Photo. Monsieur le Président du Timor-Oriental,
Monsieur le Conseiller d'Etat,
Madame la Chancelière d'Etat,
Monsieur le Maire,
Monsieur le directeur général de l'Office des Nations Unies à Genève
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,
Je suis très ému d’être parmi vous aujourd’hui, pour rendre hommage à l’engagement, à la pensée, à la philosophie de Sergio Vieira de Mello. Et je voudrais remercier Mme Vieira de Mello, ainsi que l'Institut des hautes études internationales et de développement, de m’avoir invité à intervenir pour la troisième édition de cette Conférence.
Sergio a été pour moi, pendant trente ans, le compagnon exigeant d’une aventure obstinée. Pas un mois ne se passait sans que nous nous parlions. Nous nous sommes retrouvés aux quatre coins du monde. Nous nous sommes retrouvés aussi sur les chemins de la pensée. Sergio était un lecteur infatigable, homme de culture et de philosophie. Il était aussi un aventurier de l’humanisme.
Beaucoup parmi vous s’en souviennent sans doute. Il y a presque 10 ans, il a prononcé ici, à Genève, une très belle conférence intitulée : « l’ONU face à l’irrationnel dans l’histoire ».
Dans cette conférence, Sergio essayait de faire partager son expérience d’homme de terrain et de poser quelques jalons pour l’avenir. Sa pensée, son expérience étaient celle d’un vrai humaniste, qui sait regarder les faits en face sans jamais s’incliner devant le fait accompli. Il disait : « Confronté à nombre des excès les plus choquants des trois dernières décennies, quelques interrogations ont surgi de façon récurrente, et parfois obsessive, et je souhaiterais partager aujourd’hui ces interrogations avec vous ».
Eh bien je voudrais rendre hommage à cette sincérité, et vous faire partager à mon tour quelques interrogations récurrentes, qui sont le fruit de quarante ans de lutte. Et je voudrais le faire dans le même esprit : tenter de poser des jalons pour l’avenir.
Où en sommes-nous, dix ans après cette conférence, de la préoccupation inlassable pour laquelle Sergio a finalement donné sa vie ? Qu’est-ce qui a changé ? Qu’avons-nous appris, et que devons-nous faire ?
***
Quelque chose n’a pas changé, et je voudrais commencer par là. Ce qui n’a pas changé, et qui ne changera pas, et qu’il faut regarder tous les jours avec des yeux neufs, pour lutter contre l’habitude qui endort, le cynisme qui guette, et le confort des cadres établis : c’est la fragilité de cette toute petite chose, de cette chose immense : la dignité humaine.
Ce qui n’a pas changé non plus, c’est la nécessité de protéger la dignité humaine contre l’instinct de mort à l’oeuvre dans l’histoire. Pourquoi ? Parce que le silence est insupportable. Parce que l’indifférence est insupportable. Parce qu’il faut appeler les choses par leur nom : un crime est un crime, le nombre n’y change rien. Parce que refuser de se taire, c’est déjà relever l’homme – un peu. L’humanité a certes engendré Guernica mais elle a aussi engendré Picasso.
Il y a une catégorie de crimes qui est longtemps passée inaperçue. Contre laquelle on n’a longtemps rien fait, et que l’on acceptait comme un « reste muet de la politique », comme disait Michel Foucaut. Ce sont les crimes de masse qui se parent des moyens et des justifications de l’Etat, ces crimes contre lesquels Sergio s’est dressé.
Toutes les justifications sont bonnes. L’irrationnel dans l’histoire est prêt à prendre toutes les formes. Il y a eu les crimes commis au nom de l’Eglise. Il y a eu l’Inquisition. Il a fallu des décennies pour que la conscience publique se réveille, par la voix de Voltaire, et fasse tomber l’Inquisition.
Mais il y a aussi les crimes commis au nom de l’Etat, et à l’ombre des protections dont les Etats s’entourent – ces protections lentement érigées par le droit international. Là encore, Sergio avait ses mots pour le dire. « Le droit international a érigé beaucoup de remparts efficaces autour des Etats, mais pas assez autour de la personne humaine ».
Lutter contre l’irrationnel dans l’histoire, c’est lutter contre ces crimes muets, contre ce silence lourd de dissimulation et de mensonge. C’est lutter contre l’idée selon laquelle l’Etat moderne est la raison dernière de l’histoire – parce que l’Etat moderne enveloppe aussi sa part d’irrationnel.
C’est tenter d’ériger un ordre pour canaliser la violence des Etats, comme les Etats canalisent, ou tentent de le faire, la violence des individus. C’est choisir de prolonger le mouvement de l’histoire – ne pas se réfugier derrière le rempart du fait, mais inventer le droit pour que l'humanité enfin se rassemble.
***
Mes chers amis, je ne sais pas si l’on mesure encore le chemin qu’il a fallu accomplir – et ce n’est pas fini ! L’ONU a d’abord été créée pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales. Il a lui a fallu ouvrir les yeux sur d’autres violences, commises à l’intérieur des Etats, et dont les civils toujours paient le prix fort, et les réfugiés en particulier.
Dans le droit international, dans les consciences et dans la politique, c’est une révolution que ce changement qui allait des Etats vers les individus. C’est le même genre de révolution que celle qui a mis fin, en Europe au XVIIIème siècle, au silence qui entourait l’Inquisition.
Nous disposons maintenant d’un principe, adopté par consensus par les chefs d’Etat et de gouvernement, tous réunis à l’unanimité, lors du Sommet mondial des Nations-Unies en septembre 2005. Ce principe est celui de la responsabilité de protéger, que nous avons longtemps appelé devoir ou droit d’ingérence.
Il rappelle à chacun des Etats que sa responsabilité première – et je dirais : sa raison d’être – est de protéger sa population. Il reconnaît la possibilité de mener une action collective, au nom de la communauté internationale, pour protéger une population lorsque l’Etat qui en a la charge ne peut pas, ou ne veut pas, la protéger lui-même.
Essayons d’y voir clair : qu’est-ce qui distingue trois expressions qui se ressemblent – et que tout le monde ou presque confond : devoir d’ingérence, droit d’ingérence, responsabilité de protéger ?
Tout a commencé avec le devoir d’ingérence. Le devoir d’ingérence c’est une injonction, un impératif, un appel : une morale de l’extrême urgence, face aux mains qui se tendent et aux visages que déforme la douleur sans réponse. Il n’y a pas de droit pour les protéger. Une morale, d’abord, a invité ce droit.
Et le droit a suivi. C’est la deuxième étape : le droit d’ingérence – qui inscrit dans le droit le principe d’accès aux « victimes des catastrophes naturelles et des situations d’urgence du même ordre », et la possibilité d’utiliser la force pour accompagner les convois humanitaires.
Et puisque nous sommes à Genève, permettez-moi un souvenir. C’est ici, au château de Bellerive, en 1991, que nous avons conçu, avec le prince Aga Khan, avec Perez de Cuellar, Staffan de Mistura, et Jean-Maurice Ripert, le texte de la résolution 688 du Conseil de Sécurité, qui instituait, pour la première fois, le droit d’ingérence afin de protéger les Kurdes d’Irak.
La responsabilité de protéger enveloppe à la fois ce droit et ce devoir. Elle a une face tournée vers le devoir : pour chaque Etat, c’est un devoir de protéger sa population contre le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique, les crimes contre l’humanité et bien d’autres, y compris les catastrophes naturelles et les épidémies. Et la communauté internationale a la charge, en dernier recours, de se substituer à l’Etat défaillant qui manque à ce devoir.
La responsabilité de protéger a aussi une face qui est tournée vers le droit : ce n’est pas seulement le droit d’accès aux victimes. C’est aussi la responsabilité pénale des individus qui se sont rendus coupables de crimes de guerre, de génocide, de nettoyage ethnique, et de crime contre l’humanité. Ceux-là seront appelés à répondre de leurs actes.
La responsabilité de protéger est une notion ambitieuse. C’est une avancée courageuse. Elle ne permet pas seulement d’intervenir au plus fort des crises. Elle rappelle aussi, solennellement, que les Etats ont des devoirs, qui sont des droits pour les populations. Il est remarquable que des représentants de tous les continents se soient accordés sur ce nouveau principe.
Nul n’a le droit de prendre sa population en otage. Nul n’a le droit de laisser mourir son peuple, alors qu’il est possible de le sauver – en ouvrant les portes aux personnels humanitaires. Fermer la porte aux personnels humanitaires : cela n’a rien à voir avec la souveraineté. C’est la souveraineté poussée jusqu’à l’absurde – qui se trahit elle-même !
Je crois que la question mérite d’être posée : la responsabilité s’arrête-t-elle aux situations de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de génocide ?
Que faites-vous, lorsque la population civile est décimée par le choléra, que les moyens sont disponibles pour sauver ceux qui meurent, et que l’Etat ne fait rien, ne peut rien faire, ne veut rien faire – sinon fermer ses portes ? Je pose à nouveau la question : « faut-il les laisser mourir ? » Au nom de quoi ?
Que faites-vous lorsqu’un cyclone a tout ravagé, lorsqu’il y a des milliers de morts et de blessés, et qu’un gouvernement absurde dit : « non » à ceux qui veulent aider ? Quelle est la valeur de ce « non » ? Quelle force a-t-il, dans la bouche de ceux qui trahissent leur devoir ? Quelle force a-t-il, en face de l’impérieuse responsabilité de porter assistance ? Qu’est-ce qui nous arrête et qu’est-ce qui doit nous arrêter ? Il faut savoir ce que l’on veut.
Chers amis, chaque fois qu’un pays empêchera du personnel humanitaire de porter secours aux populations civiles, la France fera tout ce qui est en son pouvoir pour condamner l’action de ce pays. Elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour que la Communauté internationale se rallie à cette cause avant qu’il ne soit trop tard.
On ne peut pas se réfugier derrière l’excuse de l’impuissance. Jamais les Etats n’ont disposé d’autant de moyens pour intervenir. Jamais il n’y a eu autant de volontaires, prêts à se rendre sur le terrain. Jamais les moyens logistiques n’ont été à ce point développés. Jamais l’information n’a été à ce point disponible.
Nous pouvons ne rien faire. Mais alors c’est un choix politique. Dans tous les cas, notre impuissance est sans excuse.
***
Depuis 2005, où en sommes-nous ? La déclaration de 2005 n’est pas une avancée sans suite. Elle n’est pas comme ces étoiles qui brillent d’autant mieux que la nuit les entoure. Le consensus a été renouvelé le 14 septembre 2009 par une Résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies. C’est un signe encourageant de la constance de la communauté internationale.
Et plus récemment encore, le 11 novembre 2009, le Conseil de Sécurité a adopté à l’unanimité une résolution sur la « Protection des civils dans les conflits armés », dans laquelle il reconnaît sa responsabilité propre, au titre de la responsabilité de protéger. C’est la première fois, qu’une résolution fait le lien entre la responsabilité de protéger, et la nécessaire protection des civils dans les conflits armés.
Il est important que la protection des civils dans les conflits armés devienne une priorité de l’action des Nations Unies, et qu’elle soit pleinement intégrée au mandat des opérations de maintien de la paix. Mais il est important, aussi, que la protection des civils soit rattachée à la source dont elle découle : la responsabilité des Etats, de protéger leurs populations, et la responsabilité de la Communauté internationale, de protéger ceux que personne ne protège !
Chers amis, vous le voyez, je m’en réjouis : la responsabilité de protéger progresse dans les textes et fait, lentement, son chemin dans les esprits.
***
Je veux répondre tout de suite à ceux qui disent : « Ce n’est qu’un principe. Ce ne sont que des mots ». Non, ce n’est pas qu’un principe. Parce que le fait a précédé le droit. Les Nations-Unies sont d’abord intervenues sur le terrain, au Timor Oriental, en Albanie, au Sierra Leone, au Kosovo. Elles ont consacré ensuite la responsabilité de protéger.
Nous avons eu des résultats avant même que le principe soit posé et reconnu ! Un Etat – la République du Timor Oriental – est même né de l’ingérence, ce qui était improbable il y a dix ou quinze ans !
Et je pense, après le Kosovo et le Timor, après le Sierra Leone et l’Albanie, tous ces Etats où l’on retrouve non seulement la trace et la mémoire, mais surtout l’esprit de Sergio Vieira de Mello, que l’on peut gagner la partie si tous les conservatismes du monde ne reprennent pas le pouvoir en même temps. Une conscience universelle de notre responsabilité se forge peu à peu. Demain, les crimes d’Auschwitz et ceux des Khmers rouges seront plus difficiles à accomplir.
On n’a pas seulement une loi. On a aussi le juge qui permet de sanctionner. Le complément indispensable de la responsabilité de protéger, c’est la justice pénale internationale. L’une progressera de concert avec l’autre, ou ne progressera pas.
Il y avait eu le tribunal de Nuremberg. Et puis plus rien. Le silence des nations. A la fin des années 90, l’indignation humanitaire a réveillé la conscience publique. Elle a obtenu la création de tribunaux de l’ONU pour la Yougoslavie et pour le Rwanda. Elle a obtenu, surtout, la mise en place d’une Cour Pénale Internationale.
Ces juridictions existent par la volonté commune des nations qui entendent porter haut et fort la voix de la conscience publique. Ces juridictions ont été créées contre la volonté des gouvernants incriminés – pour des raisons d’ailleurs tout à fait opposées dans le cas du Rwanda et de l’ex-Yougoslavie. Tantôt on craignait que le Tribunal soit trop clément. Tantôt on lui reprochait une sévérité excessive. Et le débat continue.
Quel est le résultat ? Aujourd’hui le Rwanda, comme les pays de l’ex-Yougoslavie, se réjouissent de l’action entreprise par la justice internationale. La justice a parlé. Et c’est une condition essentielle au retour de la paix. On ne construit pas la paix sur l’injustice, sous prétexte que l’injustice est recouverte du linceul transparent du silence !
Mutilez, coupez, tranchez, volez, annexez, démembrez : vous créez la haine profonde. Vous indignez la conscience universelle. La vengeance couve. L’explosion sera en raison de l’oppression. Quelle est la seule manière d’éviter que la haine, à nouveau, n’explose ? C’est d’empêcher que l’impunité soit la règle !
La justice internationale a un prix, et une condition. C’est que le plus grand nombre d’Etats y participe. Plus les Etats seront nombreux, unis comme par une même pensée, plus ils auront de force pour faire valoir le droit. Les nations réunies ont un pouvoir qu’aucune nation ne peut avoir toute seule, même les plus grandes. Et ce pouvoir, c’est de porter la voix de la conscience humaine.
L’injustice fait son lit des divisions de la communauté internationale. Elle ne subsiste pas longtemps quand elle est privée de soutiens extérieurs, et qu’elle réunit contre elle l’unanimité.
Qu’est-ce qui a rendu possible les crimes de masse lors du délabrement de l’ex-Yougoslavie ? La désunion des pays européens ! Les pays européens n’ont rien pu faire, parce qu’ils étaient politiquement en désaccord sur la conduite à tenir. Qu’est-ce que la crise de Bosnie a démontré ? La nécessité d’une plus grande unité européenne et de la communauté internationale ! Et aujourd’hui, l’Union européenne a tiré les leçons de ces heures difficiles, elle soutient aussi activement la responsabilité de protéger, et travaille aux moyens de sa pleine mise en oeuvre.
***
Soyons lucides : il a fallu des années pour que la notion de responsabilité de protéger soit adoptée. Il faudra encore bien des efforts pour qu’elle soit appliquée de manière satisfaisante.
Nous sommes confrontés à un triple problème. Il y a un problème financier : les interventions coûtent cher. La question est sensible, surtout en temps de crise.
Il y a un problème militaire : la formation des troupes, et la rapidité avec laquelle on peut les mobiliser et les déployer.
Enfin et surtout, il y a un problème politique : rallier la volonté des Etats, de tous les Etats, et d’abord la volonté de tous les membres du Conseil de Sécurité.
Un énorme travail politique reste à faire. Certains Etats contestent, de plus en plus et je le regrette, l’avancée de 2005, pendant que d’autres contestent le recours aux institutions de l’ONU. Il faut les convaincre, et d’abord par l’exemple, et en prenant l’initiative chaque fois qu’une occasion se présente.
Lors de la crise Kenyane, nous ne pouvions courir le risque d’un nettoyage ethnique. Et nous ne pouvions pas non plus tolérer que le régime de Rangoun bloque l’aide humanitaire destinée aux populations civiles touchées par le cyclone Nargis.
J’ai pris position publiquement sur chacune de ces crises. D’autres membres du Conseil de Sécurité ont considéré qu’elles ne faisaient pas partie des cas d’application de la responsabilité de protéger.
Nous ne pourrons les convaincre que si nous comprenons les raisons profondes de leur réticence. Il faut le dire : le climat du monde a changé. Le problème ne concerne pas seulement la responsabilité de protéger. Il concerne, plus largement, l’adhésion au multilatéralisme, le renforcement de la coopération internationale et l’adhésion aux principes mêmes de l’ONU.
Sergio s’en inquiétait déjà. Il avait raison de dire : des progrès considérables ont été accomplis. Mais ils passent désormais inaperçus : nous les tenons pour acquis, et nous ne leur accordons plus l’importance qu’ils méritent. Nous sommes inconscients du prix de notre insousciance. Et cette inconscience, c’est le début du repli.
Que voyons-nous aujourd’hui ? Nous voyons des gouvernements qui s’accrochent à leur intérêt étroit – parce qu’ils n’ont pas compris que la vraie grandeur, la seule grandeur, l’immense victoire : c’est le compromis ! C’est d’être un peu moins sûr de soi mais pour aller plus loin – avec les autres.
Aucun problème d’envergure – je dis bien : aucun – ne pourra bientôt plus se résoudre de manière unilatérale ou bilatérale. C’est vrai pour la responsabilité de protéger. C’est vrai pour les questions climatiques. C’est vrai pour les questions financières. Continuer de croire que l’on peut jouer contre les autres, ou même sans les autres, c’est jouer contre soi !
Quel est le gouvernement du passé ? C’est celui qui se replie derrière les certitudes étroites de la souveraineté. Quel est le gouvernement de l’avenir ? C’est celui qui regarde l’aurore par delà l’horizon, c’est-à-dire l’intérêt collectif de l’humanité qui se lève.
Le vrai gouvernement n’est pas, et ne sera jamais, celui qui va en arrière. Il y a un abîme en effet. Il est derrière nous – dans les réflexes hérités du passé. Prenez garde aux pas en arrière !
Le multilatéralisme est un volontarisme. Il faut bien plus d’audace pour décider un compromis, que pour s’entêter dans l’égoïsme stérile ! Agir avec les autres ce n’est pas renoncer à sa volonté, c’est redoubler de volonté !
Sortons ces gouvernements de la myopie qui est la leur ! Il est temps de leur rappeler qu’il y a quelque chose au-dessus d’eux : la société qu’ils forment tous ensemble. C’est cela le message de Sergio Vieira de Mello ! Il est temps de leur faire remarquer qu’ils doivent s’unir parce qu’ils partagent les mêmes espoirs et les mêmes craintes.
***
Le repli n’est pas inéluctable. On trouve dans un texte admirable l’affirmation du principe suivant – je le cite : « Le droit de l’Union d’intervenir dans un Etat membre sur décision de la Conférence, dans certaines circonstances graves, à savoir : les crimes de guerre, le génocide et les crimes contre l’humanité ».
Savez-vous d’où vient cette phrase ? Savez-vous quel est ce texte ? S’agit-il d’une déclaration de l’Union Européenne ? S’agit-il d’une déclaration des Nations Unies ? S’agit-il d’une déclaration de l’OTAN ? Non ! Il s’agit de la Charte de l’Union africaine, article 4, alinéa H ! Et de quand date ce texte ? De juillet 2000, c’est-à-dire 5 ans avant la Déclaration du Sommet mondial de 2005 !
Qui peut dire, après cela, que la responsabilité de protéger est une cause uniquement occidentale, défendue par certains au profit de certains, et d’abord d’eux mêmes ?
La responsabilité de protéger est une cause universelle. Et que veut dire « universel » ? Cela veut dire que chacun peut se l’approprier. De cette cause, chacun peut faire sa cause – une cause dans laquelle il se reconnaît, une cause dont il est fier ! Pas seulement les Nations Unies, mais chaque groupement d’Etats, chaque organisation régionale.
L’Organisation Internationale de la Francophonie s’est prononcée à diverses reprises en faveur de la responsabilité de protéger – notamment dans sa déclaration de Ouagadougou, puis dans celle de Saint-Boniface le 14 mai 2006.
L’Union africaine a inscrit la responsabilité de protéger dans sa Charte. L’Union européenne la défend activement, sur tous les fronts. Elle a mis cette notion, et avec elle la prévention, au coeur de la « Stratégie européenne de sécurité ».
Je crois que c’est comme cela, aussi, que nous ferons avancer cette cause : à travers les organisations régionales qui, de plus en plus, de mieux en mieux, apportent un semblant de stabilité au monde.
***
Pour aller de l’avant, nous devons aussi agir au niveau de la conscience publique. C’est la conscience publique qui réveille les gouvernements, et qui les pousse à dépasser un certain égoïsme. C’est la conscience publique qui renverse les tyrans. Parce que les tyrans, qui n’ont pas d’âme, ne savent pas que les peuples en ont une !
Il y a un très beau texte de Victor Hugo qui dit cela – un texte qui préfigure exactement la responsabilité de protéger : « Il y a des heures où la conscience humaine prend la parole et donne aux gouvernements l’ordre de l’écouter ».
Qu’avons-nous le plus à craindre aujourd’hui ? Le déclin de l’indignation et l’affaiblissement de la conscience publique. A quoi devons apporter tous nos soins ? Fortifier, éclairer, développer la conscience publique.
Car aujourd’hui l’indignation décline. Chose pire, elle s’organise. Elle s’exerce à heure fixe et à sens unique. Nos protestataires sont parfois devenus hémiplégiques. Ils choisissent parmi les victimes et décrètent que les unes sont attendrissantes tandis que les autres sont obscènes.
Pendant un temps, les images ont porté l’indignation du monde. Pendant un temps on a pu dire : le meilleur ennemi de l’oppression, c’est la photographie. Ce n’est plus vrai. Les massacres perpétrés en Guinée Conakry, en septembre dernier, n’ont pas ému – ou peu, ou pas assez – l’opinion publique. C’est aux gouvernements qu’il est revenu de lutter contre la banalisation.
On pourvoit à l’éclairage des villes. Quand donc comprendra-t-on que la nuit peut se faire aussi dans la conscience publique, et qu’il faut allumer des flambeaux pour les esprits ? Nous devons déjouer les illusions trompeuses des idéologies nouvelles – qui sont nées précisément de l’effondrement des idéologies.
Un piège nous est tendu. Ne tombons pas dans ce piège ! Un piège nous est tendu par tous ceux qui, pour préserver leurs intérêts et pour cacher leurs fautes, se cachent derrière l’étendard de la diversité.
Un piège nous est tendu par tous ceux qui, pour échapper à leurs responsabilités, essaient d’instiller chez les défenseurs des droits de l’homme le doute et la mauvaise conscience.
Un piège nous est tendu par tous ceux qui prétendent se battre pour défendre leur culture, alors qu’en vérité ils utilisent la culture comme une arme de guerre – ce qui est détruire l’idée même de culture !
Chers amis, la responsabilité de protéger avancera dans les faits si elle avance dans les esprits. Nous devons retrouver le sens de l’humanisme véritable : ne pas fuir dans l’horizon désabusé du mieux qui est l’ennemi du bien, chercher la voie étroite entre l’idéal sans action et l’action sans idéal.
Nous avons besoin d’une conscience publique plus forte. C’est notre responsabilité à tous. Nous avons besoin que des Etats plus nombreux viennent la relayer. C’est l’engagement de la France.
***
L’humanitaire n’est pas seulement un humanisme. C’est un style d’action, une quête de cohérence, qui lentement transforme le monde. Cette quête ne connaît pas de fin, pas de repos, pas de répit. L’âge ne doit pas l’amoindrir. L’histoire ne se stabilise pas, ni dans le bonheur, ni dans le malheur des peuples.
Je pense à tous ceux qui ont cru qu’aucun drame n’était hors de portée de leur indignation. Je pense à ceux qui se sont dévoués au point d’en perdre la vie. Je pense à tous ceux qui partagent cette devise, chantée par Léonard Cohen et que je fais mienne : « On m’a dit : résigne-toi. Je n’ai pas pu ».
Fonte,http://www.sergiovdmfoundation.org/wcms/index.php?option=com_content&view=article&id=104%3Abernard-kouchner&catid=46%3Athe-annual-lecture&Itemid=157&lang=en, consultado a 1 de Abril de 2010
Saturday, September 12, 2009
Journée mondiale de l’aide humanitaire
(...) A partir de 2010, la Fondation Sergio Vieira de Mello prévoit d’honorer la mémoire et la contribution de M. Sergio Vieira de Mello en lançant un Prix annuel, en son nom, qui sera décerné aux individus, institutions ou communautés en reconnaissance d’actions exceptionnelles entreprises dans le but de réconcilier de façon pacifique les peuples et les parties en conflit. Dès 2010, les lauréat(s) seront annoncé(s) lors de la Journée mondiale de l'aide humanitaire. (...)Fonte,http://www.un.org/fr/events/humanitarianday/2009/qna.shtml, consultado a 12 de Setembro de 2009
Wednesday, August 26, 2009
WORLD HUMANITARIAN DAY

UN SECRETARY-GENERAL'S MESSAGE
"I pledge to do all that I can as Secretary-General of United Nations to help victims while protecting the security and independence of those who work so hard to save them". Secretary-General Ban Ki-moon’s remarks on first World Humanitarian Day, 19 August 2009
Annie Vieira De Mello, Vice Chairwoman of the Sergio Vieira de Mello Foundation, addresses a commemorative event on the first World Humanitarian Day
Annie Vieira de Mello, widow of Sergio Vieira de Mello and Vice Chairwoman of the Sergio Vieira de Mello Foundation, addresses a commemorative event on the first World Humanitarian Day. Location: Geneva, Switzerland Date: 19 August 2009. UN Photo/Jean-Marc Ferre Link,http://www.unmultimedia.org/photo/detail/406/0406892.html, consultado a 26 de Agosto de 2009
Annie Vieira de Mello pede protecção para os trabalhadores humanitários
A jornalista Andreia Brito falou ao telefone com Annie Vieira de Mello
(...) Na véspera do Dia Mundial Humanitário, a jornalista Andreia Brito falou ao telefone com a mulher de Sergio Vieira de Mello, Annie Vieira de Mello, que pede às populações e aos Governos para que actuem para proteger os voluntários.
2009-08-18 17:48:05
Link,http://tv1.rtp.pt/noticias/?headline=46&visual=9&tm=7&t=Mulher-de-Sergio-Vieira-de-Mello-pede-proteccao-para-os-trabalhadores-humanitarios.rtp&article=272093, consultado a 26 de Agosto de 2009.
High Commissioner for Refugees Addresses World Humanitarian António Guterres
António Guterres, United Nations High Commissioner for Refugees, addresses a commemorative event on the first World Humanitarian Day. Location: Geneva, Switzerland Date: 19 August 2009. UN Photo/Jean-Marc Ferre.Link,http://www.unmultimedia.org/photo/detail/406/0406893.html , consultado a 26 de Agosto de 2009
Unsung Heroes of the Battlefields
By Laurent Vieira de Mello, president of the Sergio Vieira de Mello Foundation.
The Washington Post
Wednesday, August 19, 2009
Six years ago today, my father, Sergio Vieira de Mello, was killed in a tragic attack in Baghdad that changed the face of the humanitarian world. A truck filled with bombs exploded in the United Nations compound, killing 22 humanitarian workers and wounding many more. Some who were not physically hurt were psychologically wounded. Even years later, many remain vulnerable.
My father headed the U.N. team in Baghdad. A few days before he was killed, he wrote: "The situation is indeed difficult. But we will succeed, because we will do it with the Iraqi people."
His dedication to serving people in need is shared by thousands of humanitarian workers around the world who sacrifice their time, their energy and, too often, their lives to help those in need in places where wars kill and maim and throw innocent victims into refugee camps or exile. Darfur, Chad, the Democratic Republic of the Congo and Uganda are just a few of these areas.
In recognition of their commitment, my family sought to have Aug. 19 -- the date my father and his fellow workers died while helping destitute people -- designated as World Humanitarian Day. After discussions with our foundation, Brazil, France, Japan, Sweden and Switzerland sponsored a U.N. resolution that was adopted by the General Assembly on Dec. 11, 2008. So for the first time, today is officially an occasion to reflect on the situation for humanitarians deployed in the field.
The Washington Post
Wednesday, August 19, 2009
Six years ago today, my father, Sergio Vieira de Mello, was killed in a tragic attack in Baghdad that changed the face of the humanitarian world. A truck filled with bombs exploded in the United Nations compound, killing 22 humanitarian workers and wounding many more. Some who were not physically hurt were psychologically wounded. Even years later, many remain vulnerable.
My father headed the U.N. team in Baghdad. A few days before he was killed, he wrote: "The situation is indeed difficult. But we will succeed, because we will do it with the Iraqi people."
His dedication to serving people in need is shared by thousands of humanitarian workers around the world who sacrifice their time, their energy and, too often, their lives to help those in need in places where wars kill and maim and throw innocent victims into refugee camps or exile. Darfur, Chad, the Democratic Republic of the Congo and Uganda are just a few of these areas.
In recognition of their commitment, my family sought to have Aug. 19 -- the date my father and his fellow workers died while helping destitute people -- designated as World Humanitarian Day. After discussions with our foundation, Brazil, France, Japan, Sweden and Switzerland sponsored a U.N. resolution that was adopted by the General Assembly on Dec. 11, 2008. So for the first time, today is officially an occasion to reflect on the situation for humanitarians deployed in the field.
Sadly, already poor conditions for humanitarian workers in many places are deteriorating. Since 2006, attacks on aid workers have increased sharply, the Overseas Development Institute reports. The Darfur region in Sudan, Afghanistan and Somalia are the most dangerous places, accounting for more than 60 percent of violence against aid workers.
Last year was the worst in 12 years, with 260 humanitarian aid workers killed, kidnapped or seriously injured in violent attacks, according to the institute. This toll exceeds the number of victims among U.N. peacekeeping troops.
The Baghdad bomb attack that killed my father dramatically underscored a fact that humanitarian workers had dealt with since the early 1990s: The U.N. flag had ceased to be bulletproof. It no longer protected U.N. humanitarian workers as well as the staffs of nongovernmental organizations.
Before the 1990s, most wars in the developed world were proxy wars. There was a kind of tacit gentleman's agreement whereby superpowers respected as much as possible the rights and the work of humanitarian personnel.
Now, this did not prevent the deaths of many humanitarians. But most casualties were those who happened to be at the wrong place at the wrong time, caught in the crossfire. Rarely were aid workers targeted.
The situation, though, has changed dramatically. With the rise of nationalism since the fall of communism and the end of the proxy wars, humanitarian workers no longer benefit from protection, flimsy as it may have been before. Victims nowadays are often targeted.
We're talking about the people who are serving on the front line for those of us who weep when we see children on TV crying beside mothers who have been killed by mortar fire -- and believe that something must be done to help these victims and others like them.
Humanitarian workers are the unsung heroes of our time. They are not recognized as such. Yet consider their efforts, seeking to persuade warlords to let them help innocent civilians who are facing heat, cold, disease and other threats.
They never have the money and staff to fully respond to demands. They get up every morning knowing the enormousness of the task ahead of them, carrying on despite the gnawing feeling that whatever they attempt will always be a drop in the ocean. They can help, their efforts can and do save lives, but these workers are aware that their actions amount to little more than a Band-Aid on some of the world's worst problems.
The reality of their tasks would make any of us despair. Not them.
As a humanitarian worker once told me: "We have no right to despair when we see that people who have lost everything, even their family, still have hope."
It is high time for the international community to face its responsibilities and stop hiding behind humanitarian action. The world must stop using humanitarian efforts as a fig leaf. It can no longer avoid action while putting its conscience at rest by sending humanitarian actors into the killing fields. There are lives at risk.
And on this day, because of their courage, dedication, generosity and humility, humanitarian workers deserve our respect. We should not only praise their work but also remind the world that we must protect them, that we must impress on warlords that if they have any humanity left, they should protect and assist these workers. We must remind the world that humanitarian workers are neutral and help those in need, whatever their color, race, religion or political beliefs. They deserve our efforts and our thanks.
Link,http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/08/18/AR2009081802908.html?nav=rss_opinion/columns&sid=ST2009081802974, consultado a 26 de Agosto de 2009
Last year was the worst in 12 years, with 260 humanitarian aid workers killed, kidnapped or seriously injured in violent attacks, according to the institute. This toll exceeds the number of victims among U.N. peacekeeping troops.
The Baghdad bomb attack that killed my father dramatically underscored a fact that humanitarian workers had dealt with since the early 1990s: The U.N. flag had ceased to be bulletproof. It no longer protected U.N. humanitarian workers as well as the staffs of nongovernmental organizations.
Before the 1990s, most wars in the developed world were proxy wars. There was a kind of tacit gentleman's agreement whereby superpowers respected as much as possible the rights and the work of humanitarian personnel.
Now, this did not prevent the deaths of many humanitarians. But most casualties were those who happened to be at the wrong place at the wrong time, caught in the crossfire. Rarely were aid workers targeted.
The situation, though, has changed dramatically. With the rise of nationalism since the fall of communism and the end of the proxy wars, humanitarian workers no longer benefit from protection, flimsy as it may have been before. Victims nowadays are often targeted.
We're talking about the people who are serving on the front line for those of us who weep when we see children on TV crying beside mothers who have been killed by mortar fire -- and believe that something must be done to help these victims and others like them.
Humanitarian workers are the unsung heroes of our time. They are not recognized as such. Yet consider their efforts, seeking to persuade warlords to let them help innocent civilians who are facing heat, cold, disease and other threats.
They never have the money and staff to fully respond to demands. They get up every morning knowing the enormousness of the task ahead of them, carrying on despite the gnawing feeling that whatever they attempt will always be a drop in the ocean. They can help, their efforts can and do save lives, but these workers are aware that their actions amount to little more than a Band-Aid on some of the world's worst problems.
The reality of their tasks would make any of us despair. Not them.
As a humanitarian worker once told me: "We have no right to despair when we see that people who have lost everything, even their family, still have hope."
It is high time for the international community to face its responsibilities and stop hiding behind humanitarian action. The world must stop using humanitarian efforts as a fig leaf. It can no longer avoid action while putting its conscience at rest by sending humanitarian actors into the killing fields. There are lives at risk.
And on this day, because of their courage, dedication, generosity and humility, humanitarian workers deserve our respect. We should not only praise their work but also remind the world that we must protect them, that we must impress on warlords that if they have any humanity left, they should protect and assist these workers. We must remind the world that humanitarian workers are neutral and help those in need, whatever their color, race, religion or political beliefs. They deserve our efforts and our thanks.
Link,http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/08/18/AR2009081802908.html?nav=rss_opinion/columns&sid=ST2009081802974, consultado a 26 de Agosto de 2009
Sunday, September 07, 2008
Chasing the Flame: Sergio Vieira de Mello and the Fight to Save the World | the book written by Samantha Power
" Curator
author TeresaDeSouza
Just to say that Samantha Power herself recognizes that her book on Sergio Vieira de Mello has many holes and untruth. (...). I hope ( we all hope ) the film will not be done. It would be a Blasphemy against the Truth. Self promotion ... Terry George has to know that ! Teresa Loureiro de Souza*, Berlin" - Posted on August 7, 2008 by - TeresaDeSouza
*Teresa de Souza, Curator and Researcher / Documentalist to the Diplomatic Service, Berlin. E-Mail : Teresa.de.Souza@hotmail.de
Link,http://www.goodmagazine.com/user/TeresaDeSouza, consultado a 7 de setembro de 2008.
author TeresaDeSouza
Just to say that Samantha Power herself recognizes that her book on Sergio Vieira de Mello has many holes and untruth. (...). I hope ( we all hope ) the film will not be done. It would be a Blasphemy against the Truth. Self promotion ... Terry George has to know that ! Teresa Loureiro de Souza*, Berlin" - Posted on August 7, 2008 by - TeresaDeSouza
*Teresa de Souza, Curator and Researcher / Documentalist to the Diplomatic Service, Berlin. E-Mail : Teresa.de.Souza@hotmail.de
Link,http://www.goodmagazine.com/user/TeresaDeSouza, consultado a 7 de setembro de 2008.
Tuesday, March 18, 2008
First Memorial Lecture of the Sergio Vieira de Mello Foundation
The first Annual Memorial Lecture of the Sergio Vieira de Mello Foundation given by Mr. Kofi Annan, took place yesterday, Monday March 17, 2008, at the International Conference Centre Geneva (CICG) in Geneva, Switzerland, in the presence of about 1'000 persons.
Fonte,http://graduateinstitute.ch/corporate/cache/bypass/page21.html?evenementId=11209, consultado a 18 de Março de 2008.
Fonte,http://graduateinstitute.ch/corporate/cache/bypass/page21.html?evenementId=11209, consultado a 18 de Março de 2008.
Former UN United Nations Secretary General Kofi Annan delivers his message during the first Memorial Lecture of the Sergio Vieira de Mello Foundation at the International Conference Centre Geneva (CICG) in Geneva, Switzerland, Monday, March 17, 2008. Sergio Vieira de Mello was killed in the Canal Hotel Bombing in Iraq along with 21 other members of his staff on Aug 19, 2003.
Annie Vieira de Mello, widow of Sergio Vieira de Mello, listens to Former UN United Nations Secretary General Kofi Annan, not in the picture, during the first Memorial Lecture of the Sergio Vieira de Mello Foundation, at the International Conference Centre Geneva (CICG) in Geneva, Switzerland, Monday, March 17, 2008. (AP Photo/Keystone/Salvatore Di Nolfi).Fonte,http://news.yahoo.com/nphotos/Iraq-Sergio-Vieira-de-Mello-United-Nations-Secretary-General-Geneva2C-Switzerland-Vieira-de-Mello/ss/events/iraq/082701iraqplane/im:/080317/481/ed1ae9511cc940c08970fb9bab564de4/ ,consultado a 18 de Março de 2008.
Former UN United Nations Secretary General Kofi Annan delivers his message during the first Memorial Lecture of the Sergio Vieira de Mello Foundation at the International Conference Centre Geneva (CICG) in Geneva, Switzerland, Monday, March 17, 2008. (AP Photo/Salvatore Di Nolfi / AP).Fonte,http://www.msnbc.msn.com/id/23678062/displaymode/1176/, consultado a 17 de Março de 2008.
Sunday, March 16, 2008
Fundação Sergio Vieira de Mello
Colegas, amigos e a família de Sergio Vieira de Mello, criaram em 2007, em Genève, na Suiça, a Fundação Sergio Vieira de Mello - Sergio Vieira de Mello Foundation
- para dar continuidade aos seus ideais humanitários e promover a resolução pacífica de conflitos.
Sergio Vieira de Mello Foundation
(...) Purpose
Dedicated to promoting dialogue for the peaceful resolution of conflict, the Sergio Vieira de Mello Foundation has been established as an international entity under Swiss law to continue Sergio’s mission and fulfill his vision through:
• An Annual Prize in his name awarded to individuals, institutions or communities in recognition of their outstanding and unique work undertaken to achieve peaceful reconciliation between peoples and parties in conflict.
• An Annual Memorial Lecture in collaboration with the Graduate Institute of International and Development Studies in Geneva (HEID) on or around 15 March.
• A Fellowship in Sergio’s name to be awarded to a selected number of outstanding young people whose parents or family members were victims of humanitarian crises resulting from armed conflict.
• Supporting initiatives and efforts that promote peaceful reconciliation and co-existence between peoples and communities divided by conflict.
• Advocating for the security and independence of humanitarian actors, wherever they may be operating and whomever they may work for. (...).
Link,http://www.sergiovdmfoundation.org/en/foundation_purpose.html, consultado a 16 de Março de 2008.
- para dar continuidade aos seus ideais humanitários e promover a resolução pacífica de conflitos.
Sergio Vieira de Mello Foundation
(...) Purpose
Dedicated to promoting dialogue for the peaceful resolution of conflict, the Sergio Vieira de Mello Foundation has been established as an international entity under Swiss law to continue Sergio’s mission and fulfill his vision through:
• An Annual Prize in his name awarded to individuals, institutions or communities in recognition of their outstanding and unique work undertaken to achieve peaceful reconciliation between peoples and parties in conflict.
• An Annual Memorial Lecture in collaboration with the Graduate Institute of International and Development Studies in Geneva (HEID) on or around 15 March.
• A Fellowship in Sergio’s name to be awarded to a selected number of outstanding young people whose parents or family members were victims of humanitarian crises resulting from armed conflict.
• Supporting initiatives and efforts that promote peaceful reconciliation and co-existence between peoples and communities divided by conflict.
• Advocating for the security and independence of humanitarian actors, wherever they may be operating and whomever they may work for. (...).
Link,http://www.sergiovdmfoundation.org/en/foundation_purpose.html, consultado a 16 de Março de 2008.
Wednesday, August 29, 2007
"Pourquoi je suis allé en Irak". "La France peut et doit contribuer à apporter un regard nouveau sur le pays". Bernard Kouchner
Par Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères
QUOTIDIEN : lundi 27 août 2007
Que dire de l’Irak d’aujourd’hui dont je reviens ? C’est un Irak «démocratique» - doté d’une Constitution adoptée par référendum et du suffrage universel direct - mais en guerre contre lui-même. C’est un Irak libéré d’une dictature sanglante - qui a tué deux à quatre millions de personnes - où néanmoins le sang n’en finit pas de couler. C’est un Irak paradoxal, cloisonné, comme le sont les esprits et les cœurs : une zone verte ultra-protégée, à Bagdad, une région kurde plus stable et tout le reste en proie au déchaînement de la haine et de la violence, qui a poussé quatre millions de réfugiés et de déplacés sur le chemin de l’exil, et continue à faire près de deux mille morts par mois.
Pourquoi y être allé ? Pour écouter tous les Irakiens - Chiites, Kurdes, Sunnites, chrétiens - sans exclusive. Ecouter pour sentir, comprendre, mais aussi affirmer le soutien total de notre pays à l’objectif de réconciliation nationale, à la nécessité d’un dialogue politique «inclusif». J’ai tenu à rencontrer tous les acteurs et j’ai senti chez eux un profond besoin d’être reconnus, d’avoir un contact renouvelé avec la France et l’Europe. Les Irakiens, isolés depuis trop longtemps, ont le sentiment d’être abandonnés par la communauté internationale. Après des années de glose sur la présence américaine, il est temps de s’occuper des Irakiens.
Ensuite, pour marquer le retour de la France là où se joue une part de notre avenir et de celui de nos enfants. Même si nous avons conservé une ambassade à Bagdad, grâce à des personnels courageux, notre regard politique s’était détourné. Aucun ministre des Affaires étrangères ne s’y était rendu depuis 1988. Or, notre pays jouit de responsabilités particulières comme membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. Il ne peut ignorer cette crise majeure qui affecte non seulement l’Irak, mais menace également la stabilité de la région et bien au-delà. C’est une crise emblématique de toutes celles qui troublent le monde. On ne peut s’en désintéresser au prétexte que le pays est en proie à une culture de violence où l’assassinat comme fin politique est monnaie courante. On ne peut se détourner des Irakiens parce qu’ils ont été, contre notre gré, libérés puis contraints par les forces alliées des Américains et des Britanniques. L’Irak est au cœur d’enjeux mondiaux : affrontements entre et au sein des communautés, intolérance et fanatisme religieux, conflits de civilisation, influences ambivalentes des pays voisins y compris dans un contexte de prolifération nucléaire, globalisation du terrorisme.
Enfin, je suis allé honorer, dès mon arrivée à Bagdad, le 19 août, quatre ans jour pour jour après l’attentat contre le siège des Nations unies en Irak, la mémoire de mon ami Sergio Vieira de Mello et de 21 de ses collaborateurs, dont plusieurs avaient travaillé avec moi au Kosovo. Au-delà de l’émotion, ce geste se voulait une invite à un renouveau indispensable du rôle de l’ONU en Irak. Que peut faire la France pour aider ce pays meurtri à retrouver l’espoir ? D’abord être modeste. Qui pourrait croire que nous avons une formule magique ? Comme l’indiquait un responsable irakien à qui je demandais quel rôle la France pouvait jouer, «elle peut déjà offrir a fresh look, un nouveau regard».
Chacun le sait, la France n’a pas soutenu l’intervention de la Coalition en 2003. De fait, même si celle-ci a permis d’abattre une dictature sanguinaire, la méthode employée pour bâtir un Irak sûr et démocratique n’a pas été la bonne. C’est le moins que l’on puisse dire. Le bilan est terrible. Il faut tourner la page, s’y prendre autrement. Il n’existe pas de solution militaire durable à cette crise, mais seulement une solution politique. Si les Irakiens eux-mêmes, y compris les plus hostiles à la présence américaine, ne souhaitent pas un départ immédiat des troupes étrangères, leur retrait, néanmoins, doit être programmé, en concertation avec les autorités irakiennes. Dans le même temps, un large gouvernement d’union nationale doit voir le jour, pour lequel la France est prête à apporter son concours de médiation. Oui, la France peut contribuer à apporter un regard nouveau. Elle le peut d’autant plus qu’elle n’a pas pris part à l’intervention de 2003, mais qu’elle est restée, depuis, aux côtés du peuple irakien, en zone rouge. Elle le peut d’autant mieux qu’elle est liée à l’Irak par une ancienne amitié et qu’elle y jouit du plus large spectre de contacts avec toutes les communautés. Et que nous sommes les alliés, parfois difficiles, des Américains - comme le sont les vrais amis.
La France, premier pays occidental non-membre de la Coalition à déléguer en Irak son ministre des Affaires étrangères depuis 2003, peut contribuer à construire une nouvelle approche au service de la paix à laquelle les Nations unies et l’Union européenne doivent donner corps. La France appuie les initiatives internationales qui amorcent un traitement politique et international de la crise. L’élargissement du rôle des Nations Unies, décidé par la Résolution 1770, le 10 août, va dans le bon sens. Il faut le rendre effectif. Il faut aussi que les pays voisins sortent de leur ambivalence pour devenir des acteurs crédibles d’une sortie de crise. Rien de solide ne pourra se faire sans eux. Le processus lancé à Charm el-Cheikh en mai est positif, les dispositions concrètes qu’il prévoit doivent être mises en œuvre sans délai, notamment les trois groupes de travail qui touchent à des sujets déterminants - l’énergie, les réfugiés, la sécurité - et déboucher dès que possible sur des mesures concrètes. L’Irak en paix avec lui-même n’est pas un rêve inaccessible. Beaucoup d’efforts, de lucidité, de conviction pourront en faire une réalité. A condition que nous en ayons tous le courage. Craignons le pire si nous nous dérobons.
Fonte, http://www.liberation.fr/rebonds/274342.FR.php, consultado a 29 de Agosto de 2007.
© Libération
QUOTIDIEN : lundi 27 août 2007
Que dire de l’Irak d’aujourd’hui dont je reviens ? C’est un Irak «démocratique» - doté d’une Constitution adoptée par référendum et du suffrage universel direct - mais en guerre contre lui-même. C’est un Irak libéré d’une dictature sanglante - qui a tué deux à quatre millions de personnes - où néanmoins le sang n’en finit pas de couler. C’est un Irak paradoxal, cloisonné, comme le sont les esprits et les cœurs : une zone verte ultra-protégée, à Bagdad, une région kurde plus stable et tout le reste en proie au déchaînement de la haine et de la violence, qui a poussé quatre millions de réfugiés et de déplacés sur le chemin de l’exil, et continue à faire près de deux mille morts par mois.
Pourquoi y être allé ? Pour écouter tous les Irakiens - Chiites, Kurdes, Sunnites, chrétiens - sans exclusive. Ecouter pour sentir, comprendre, mais aussi affirmer le soutien total de notre pays à l’objectif de réconciliation nationale, à la nécessité d’un dialogue politique «inclusif». J’ai tenu à rencontrer tous les acteurs et j’ai senti chez eux un profond besoin d’être reconnus, d’avoir un contact renouvelé avec la France et l’Europe. Les Irakiens, isolés depuis trop longtemps, ont le sentiment d’être abandonnés par la communauté internationale. Après des années de glose sur la présence américaine, il est temps de s’occuper des Irakiens.
Ensuite, pour marquer le retour de la France là où se joue une part de notre avenir et de celui de nos enfants. Même si nous avons conservé une ambassade à Bagdad, grâce à des personnels courageux, notre regard politique s’était détourné. Aucun ministre des Affaires étrangères ne s’y était rendu depuis 1988. Or, notre pays jouit de responsabilités particulières comme membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. Il ne peut ignorer cette crise majeure qui affecte non seulement l’Irak, mais menace également la stabilité de la région et bien au-delà. C’est une crise emblématique de toutes celles qui troublent le monde. On ne peut s’en désintéresser au prétexte que le pays est en proie à une culture de violence où l’assassinat comme fin politique est monnaie courante. On ne peut se détourner des Irakiens parce qu’ils ont été, contre notre gré, libérés puis contraints par les forces alliées des Américains et des Britanniques. L’Irak est au cœur d’enjeux mondiaux : affrontements entre et au sein des communautés, intolérance et fanatisme religieux, conflits de civilisation, influences ambivalentes des pays voisins y compris dans un contexte de prolifération nucléaire, globalisation du terrorisme.
Enfin, je suis allé honorer, dès mon arrivée à Bagdad, le 19 août, quatre ans jour pour jour après l’attentat contre le siège des Nations unies en Irak, la mémoire de mon ami Sergio Vieira de Mello et de 21 de ses collaborateurs, dont plusieurs avaient travaillé avec moi au Kosovo. Au-delà de l’émotion, ce geste se voulait une invite à un renouveau indispensable du rôle de l’ONU en Irak. Que peut faire la France pour aider ce pays meurtri à retrouver l’espoir ? D’abord être modeste. Qui pourrait croire que nous avons une formule magique ? Comme l’indiquait un responsable irakien à qui je demandais quel rôle la France pouvait jouer, «elle peut déjà offrir a fresh look, un nouveau regard».
Chacun le sait, la France n’a pas soutenu l’intervention de la Coalition en 2003. De fait, même si celle-ci a permis d’abattre une dictature sanguinaire, la méthode employée pour bâtir un Irak sûr et démocratique n’a pas été la bonne. C’est le moins que l’on puisse dire. Le bilan est terrible. Il faut tourner la page, s’y prendre autrement. Il n’existe pas de solution militaire durable à cette crise, mais seulement une solution politique. Si les Irakiens eux-mêmes, y compris les plus hostiles à la présence américaine, ne souhaitent pas un départ immédiat des troupes étrangères, leur retrait, néanmoins, doit être programmé, en concertation avec les autorités irakiennes. Dans le même temps, un large gouvernement d’union nationale doit voir le jour, pour lequel la France est prête à apporter son concours de médiation. Oui, la France peut contribuer à apporter un regard nouveau. Elle le peut d’autant plus qu’elle n’a pas pris part à l’intervention de 2003, mais qu’elle est restée, depuis, aux côtés du peuple irakien, en zone rouge. Elle le peut d’autant mieux qu’elle est liée à l’Irak par une ancienne amitié et qu’elle y jouit du plus large spectre de contacts avec toutes les communautés. Et que nous sommes les alliés, parfois difficiles, des Américains - comme le sont les vrais amis.
La France, premier pays occidental non-membre de la Coalition à déléguer en Irak son ministre des Affaires étrangères depuis 2003, peut contribuer à construire une nouvelle approche au service de la paix à laquelle les Nations unies et l’Union européenne doivent donner corps. La France appuie les initiatives internationales qui amorcent un traitement politique et international de la crise. L’élargissement du rôle des Nations Unies, décidé par la Résolution 1770, le 10 août, va dans le bon sens. Il faut le rendre effectif. Il faut aussi que les pays voisins sortent de leur ambivalence pour devenir des acteurs crédibles d’une sortie de crise. Rien de solide ne pourra se faire sans eux. Le processus lancé à Charm el-Cheikh en mai est positif, les dispositions concrètes qu’il prévoit doivent être mises en œuvre sans délai, notamment les trois groupes de travail qui touchent à des sujets déterminants - l’énergie, les réfugiés, la sécurité - et déboucher dès que possible sur des mesures concrètes. L’Irak en paix avec lui-même n’est pas un rêve inaccessible. Beaucoup d’efforts, de lucidité, de conviction pourront en faire une réalité. A condition que nous en ayons tous le courage. Craignons le pire si nous nous dérobons.
Fonte, http://www.liberation.fr/rebonds/274342.FR.php, consultado a 29 de Agosto de 2007.
Friday, August 24, 2007
Livro 2004 / Dois Livros sobre Sergio Vieira de Mello Alto Comissário da ONU para os Direitos Humanos
__"Sergio Vieira de Mello, un espoir foudroyé"
par Jean-Claude Buhrer et Claude B. Levenson *
Le 19 août 2003 l'attentat contre le siège de l'organisation des Nations unies à Bagdad coûta la vie au Brésilien Sergio Vieira de Mello, qui avait accepté la mission que le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, lui avait demandé d'assumer. Avec sa disparition, non seulement l'Irak sombrait lentement dans la violence, mais le Haut Commissariat aux droits de l'homme était décapité.
D'abord au Haut Commissariat pour les réfugiés, puis administrateur des Nations unies au Timor-Oriental de 1999 à 2002, Sergio Vieira de Mello a été en première ligne de presque toutes les crises où les Nations unies ont été appelées à la rescousse, du Bangladesh au Kosovo, en passant par le Soudan ou encore le Cambodge. Homme de terrain, il était conscient plus que quiconque des carences de l'Onu et de ses limites pour appréhender des crises comme celle de l'Irak.
A la veille de son départ pour Bagdad, il insistait sur la nécessité de "transformer radicalement le rapport existant entre la sécurité et les droits de l'homme. Ce qui a manqué, c'est un moyen […] de reconnaître que les violations flagrantes des droits de l'homme sont bien souvent au coeur de l'insécurité interne et internationale". Vieira de Mello disparu, qui saura avancer des idées pour sortir la Commission des droits de l'homme du bourbier dans lequel elle semble inexorablement s'enliser ?
A travers deux entretiens inédits, c'est l'itinéraire d'un grand commis des Nations unies aux prises avec ses propres contradictions que présentent les auteurs.
Envoyé spécial du quotidien Le Monde à la Conférence de Durban en 2001, Jean-Claude Buhrer est journaliste. II a régulièrement couvert les travaux de la Commission des droits de l'homme des Nations unies en tant que correspondant permanent auprès des Nations unies à Genève. Orientaliste de formation, Claude B. Levenson est écrivain et traductrice.(..).
*(Jean-Claude Buhrer et Claude B. Levenson, Sergio Vieira de Mello, un espoir foudroyé. – Paris : Mille et une nuits, 2004. – 199 p., 20 cm. – ISBN 2-84205-826-7)
par Jean-Claude Buhrer et Claude B. Levenson *
Le 19 août 2003 l'attentat contre le siège de l'organisation des Nations unies à Bagdad coûta la vie au Brésilien Sergio Vieira de Mello, qui avait accepté la mission que le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, lui avait demandé d'assumer. Avec sa disparition, non seulement l'Irak sombrait lentement dans la violence, mais le Haut Commissariat aux droits de l'homme était décapité.
D'abord au Haut Commissariat pour les réfugiés, puis administrateur des Nations unies au Timor-Oriental de 1999 à 2002, Sergio Vieira de Mello a été en première ligne de presque toutes les crises où les Nations unies ont été appelées à la rescousse, du Bangladesh au Kosovo, en passant par le Soudan ou encore le Cambodge. Homme de terrain, il était conscient plus que quiconque des carences de l'Onu et de ses limites pour appréhender des crises comme celle de l'Irak.
A la veille de son départ pour Bagdad, il insistait sur la nécessité de "transformer radicalement le rapport existant entre la sécurité et les droits de l'homme. Ce qui a manqué, c'est un moyen […] de reconnaître que les violations flagrantes des droits de l'homme sont bien souvent au coeur de l'insécurité interne et internationale". Vieira de Mello disparu, qui saura avancer des idées pour sortir la Commission des droits de l'homme du bourbier dans lequel elle semble inexorablement s'enliser ?
A travers deux entretiens inédits, c'est l'itinéraire d'un grand commis des Nations unies aux prises avec ses propres contradictions que présentent les auteurs.
Envoyé spécial du quotidien Le Monde à la Conférence de Durban en 2001, Jean-Claude Buhrer est journaliste. II a régulièrement couvert les travaux de la Commission des droits de l'homme des Nations unies en tant que correspondant permanent auprès des Nations unies à Genève. Orientaliste de formation, Claude B. Levenson est écrivain et traductrice.(..).
*(Jean-Claude Buhrer et Claude B. Levenson, Sergio Vieira de Mello, un espoir foudroyé. – Paris : Mille et une nuits, 2004. – 199 p., 20 cm. – ISBN 2-84205-826-7)
__"Sergio Vieira de Mello, un homme exceptionnel"
George Gordon-Lennox et Annick *
Sergio Vieira de Mello, un homme exceptionnel : le livre, édité en français et en anglais par les éditions du Tricorne, à Genève, retrace sa vie, ses missions, et donne la parole à ceux qui l'ont côtoyé.
"Incrédulité, colère, émotion, effroi, profonde tristesse Quels que soient leur nationalité, leur pays d'attache, le service ou l'agence auquel ils sont rattachés, les fonctionnaires de l'ONU ont tous partagé ces mêmes sentiments ce 19 août 2003, ressenti comme "notre 11 septembre à nou". Un événement qui a largement dépassé le cadre de l'Organisation, et a été vécu comme une onde de choc à l'échelle planétaire, comme en ont témoigné des dizaines de milliers de messages de condoléances reçus du monde entier. Des personnes nullement engagées dans l'humanitaire ou les droits de l'homme, ne connaissant rien au monde de la diplomatie ou des affaires internationales, ont été abasourdies, déboussolées, par cet attentat dirigé contre Sergio Vieira de Mello et son équipe. Des centaines d'anonymes, qui n'avaient jamais entendu parler de lui auparavant, impressionnées par les hommages publics rendus après son décès, ont regretté ne pas avoir croisé son chemin.
"Nous avons eu cette chance. A diverses étapes de sa carrière, nous avons travaillé aux côtés de cet homme gai et généreux, qui portait un regard différent aux autres, et dont la disparition nous est apparue encore plus cruelle. Pour aider le public à mieux connaître ce "Meneur de paix", nous avons accepté la demande d'un éditeur suisse, Serge Kaplun, d'écrire un livre sur lui. Assorti de témoignages et commentaires d'autres collègues et amis, ce livre-hommage, qui n'est ni une biographie ni un recueil historique, retrace les principales étapes de son parcours professionnel. Nous espérons ainsi que nos lecteurs, surtout les jeunes qui pourraient en être inspirés, comprennent que l'ONU, en dépit de ses tares et ses imperfections, a aussi des raisons d'être suffisamment valables pour mériter d'y consacrer sa vie, comme l'a fait Sergio - non pas pour jouer les héros, mais parce qu'il y croyait". George Gordon-Lennox et Annick Stevenson (...).
*(George Gordon-Lennox et Annick Stevenson, Sergio Vieira de Mello : un homme exceptionnel. – Genève : Éditions du Tricorne, 2004. – 143 p., 25 cm. – ISBN 2-8293-0266-4. – En appendice, choix de textes de Sergio Vieira de Mello)
Link,http://www.aidh.org/lirecoutevoir/livr-demello.htm,consultado a 24 de Agosto de 2007
Sergio Vieira de Mello, un homme exceptionnel : le livre, édité en français et en anglais par les éditions du Tricorne, à Genève, retrace sa vie, ses missions, et donne la parole à ceux qui l'ont côtoyé.
"Incrédulité, colère, émotion, effroi, profonde tristesse Quels que soient leur nationalité, leur pays d'attache, le service ou l'agence auquel ils sont rattachés, les fonctionnaires de l'ONU ont tous partagé ces mêmes sentiments ce 19 août 2003, ressenti comme "notre 11 septembre à nou". Un événement qui a largement dépassé le cadre de l'Organisation, et a été vécu comme une onde de choc à l'échelle planétaire, comme en ont témoigné des dizaines de milliers de messages de condoléances reçus du monde entier. Des personnes nullement engagées dans l'humanitaire ou les droits de l'homme, ne connaissant rien au monde de la diplomatie ou des affaires internationales, ont été abasourdies, déboussolées, par cet attentat dirigé contre Sergio Vieira de Mello et son équipe. Des centaines d'anonymes, qui n'avaient jamais entendu parler de lui auparavant, impressionnées par les hommages publics rendus après son décès, ont regretté ne pas avoir croisé son chemin.
"Nous avons eu cette chance. A diverses étapes de sa carrière, nous avons travaillé aux côtés de cet homme gai et généreux, qui portait un regard différent aux autres, et dont la disparition nous est apparue encore plus cruelle. Pour aider le public à mieux connaître ce "Meneur de paix", nous avons accepté la demande d'un éditeur suisse, Serge Kaplun, d'écrire un livre sur lui. Assorti de témoignages et commentaires d'autres collègues et amis, ce livre-hommage, qui n'est ni une biographie ni un recueil historique, retrace les principales étapes de son parcours professionnel. Nous espérons ainsi que nos lecteurs, surtout les jeunes qui pourraient en être inspirés, comprennent que l'ONU, en dépit de ses tares et ses imperfections, a aussi des raisons d'être suffisamment valables pour mériter d'y consacrer sa vie, comme l'a fait Sergio - non pas pour jouer les héros, mais parce qu'il y croyait". George Gordon-Lennox et Annick Stevenson (...).
*(George Gordon-Lennox et Annick Stevenson, Sergio Vieira de Mello : un homme exceptionnel. – Genève : Éditions du Tricorne, 2004. – 143 p., 25 cm. – ISBN 2-8293-0266-4. – En appendice, choix de textes de Sergio Vieira de Mello)
Link,http://www.aidh.org/lirecoutevoir/livr-demello.htm,consultado a 24 de Agosto de 2007
Monday, August 20, 2007
In Memoriam Sergio Vieira de Mello and his colleagues. Fourth anniversary of the attack on the UN in Baghdad. UN Secretary-General's Message
The Secretary-General's Remarks at Baghdad bombing Commemoration Ceremony
New York, 17 August 2007
UN Secretary-General's Message
The bombing of the Canal Hotel on 19 August 2003 remains one of the UN’s darkest days. Four years on, our hearts remain heavy.We have lost colleagues before in the line of duty. But this was the first time the United Nations was deliberately targeted on such a massive scale. The bomb detonated at our Baghdad headquarters robbed us of our best and brightest and injured many more, but it also shattered any illusion that the UN’s ideals and impartiality permitted us to operate above the fray in Iraq. The bombers shook us to the very core, yet they could not shake our ideals: our values, our commitment, our resolve; these are all unchanged.Today, those very ideals, that same resolve, guide our work for peace, whether in Darfur or Dili, in Beirut or Baghdad. This work is our ultimate and lasting tribute to our fallen friends. It is how we honour their memory every day, wherever a blue flag flies. The Security Council’s recent decision to renew and strengthen UNAMI’s mandate is an opportunity to carry forward the work of Sergio Viera de Mello and his colleagues. Yet I understand the fears and concerns some staff may have about any expansion. That is why I affirm to you today that any such measure remains strictly subject to conditions on the ground – your safety is and always will be a paramount concern. At the same time, the terrorists who struck so cruelly in Baghdad must, one day, be brought to justice. There can be no impunity for such murderers.On this sombre anniversary, my thoughts go out to the survivors of the Baghdad bombing, and to the families of those who died. And I pay tribute to the brave men and women who continue to serve the United Nations, in Iraq and beyond.
Link, http://www.un.org/events/memorial/19august/2007/sg.html , consultado a 19 de Agosto de 2007
New York, 17 August 2007
UN Secretary-General's Message
The bombing of the Canal Hotel on 19 August 2003 remains one of the UN’s darkest days. Four years on, our hearts remain heavy.We have lost colleagues before in the line of duty. But this was the first time the United Nations was deliberately targeted on such a massive scale. The bomb detonated at our Baghdad headquarters robbed us of our best and brightest and injured many more, but it also shattered any illusion that the UN’s ideals and impartiality permitted us to operate above the fray in Iraq. The bombers shook us to the very core, yet they could not shake our ideals: our values, our commitment, our resolve; these are all unchanged.Today, those very ideals, that same resolve, guide our work for peace, whether in Darfur or Dili, in Beirut or Baghdad. This work is our ultimate and lasting tribute to our fallen friends. It is how we honour their memory every day, wherever a blue flag flies. The Security Council’s recent decision to renew and strengthen UNAMI’s mandate is an opportunity to carry forward the work of Sergio Viera de Mello and his colleagues. Yet I understand the fears and concerns some staff may have about any expansion. That is why I affirm to you today that any such measure remains strictly subject to conditions on the ground – your safety is and always will be a paramount concern. At the same time, the terrorists who struck so cruelly in Baghdad must, one day, be brought to justice. There can be no impunity for such murderers.On this sombre anniversary, my thoughts go out to the survivors of the Baghdad bombing, and to the families of those who died. And I pay tribute to the brave men and women who continue to serve the United Nations, in Iraq and beyond.
Link, http://www.un.org/events/memorial/19august/2007/sg.html , consultado a 19 de Agosto de 2007
Sunday, August 19, 2007
O Brasil e o terrorismo:O atentado contra o escritório da ONU em Bagdá e as reações no Brasil
O Brasil e o terrorismo:
O atentado contra o escritório da ONU em Bagdá e as reações no Brasil
Paulo Roberto de Almeida*
(*Doutor em Ciências Sociais, diplomata, autor de vários trabalhos sobre relações internacionais e política externa do Brasil).
Artigo publicado na Revista Espaço Académico - Nº28 - Setembro de 2003 - ISSN 1519.6186
Foi preciso, helàs, a trágica morte de um brasileiro trabalhando numa posição de destaque no plano internacional – a do funcionário da ONU Sérgio Vieira de Mello, em Bagdá, no dia 19 de agosto de 2003 – para despertar no Brasil e nos brasileiros um verdadeiro sentimento de horror, suscitando reações de justa indignação, de nítida rejeição ao ato bárbaro e de sincera comiseração pela perda de uma vida devotada à causa humanitária.
Um atentado que se ouviu no Brasil
Devemos em primeiro lugar lembrar que Sérgio Vieira de Mello não foi o único sacrificado pela fúria suicidária e genocida dos terroristas que explodiram um carro bomba junto ao escritório da ONU em Bagdá: junto com ele pereceram pelo menos 20 outras pessoas, além de muitos outros feridos. Caberia também registrar que a comoção no Brasil deveu-se, em parte, a um erro da imprensa internacional – e brasileira – ao identificar, primeiramente, Sérgio Vieira de Mello como um “diplomata brasileiro”, quando ele, na verdade, era apenas brasileiro e “estava” diplomata pela natureza de suas funções desempenhadas na última fase de sua vida. Filho de pai diplomata cassado pelo regime de 1964, ele viveu muito pouco no Brasil e tornou-se um burocrata internacional praticamente desde o início de sua vida profissional, trabalhando para o escritório de refugiados da ONU, com sede em Genebra. Conheci pessoalmente Sérgio Vieira de Mello em Genebra no final dos anos 1980, e minha esposa chegou a dar aulas de Portugês e de cultura brasileira a seus dois filhos, que eram franceses mas que ele pretendia “transformar” em brasileiros, ou pelo menos mais conhecedores da língua e das coisas do Brasil.
Mas esse parênteses não vem ao caso agora, pois eu estava comentando que sua identificação equivocada como “diplomata brasileiro” gerou uma bem-vinda torrente de manifestações de solidariedade e de condolências em direção das autoridades brasileiras, que se movimentaram rapidamente para prestar uma última homenagem a um funcionário internacional que, finalmente, teve muito pouco a ver com o Brasil, e muito pouco a dever ao Brasil, ao longo de uma carreira exemplar de servidor da ONU. Pela natureza de suas funções, desde as missões nos Balcãs, depois no Timor Leste e finalmente no Iraque, ele efetivamente era um diplomata internacional, ainda que suas missões anteriores tenham tido um caráter mais técnico-humanitário do que propriamente diplomático. Ele era, desde junho de 2003, o enviado especial do Secretário-Geral da ONU em missão no Iraque, no desempenho, portanto de funções “diplomáticas”, em licença de seu cargo de Alto Comissário das Nações Unidas para os Direitos Humanos, uma função bem mais burocrática, mas que também exige altas doses de diplomacia, pois que implicando um tratamento sensível e delicado de atentados aos direitos humanos num contexto inter-estatal no qual a soberania dos países membros ainda não encontra limitações de fato.
Ele poderia ter se tornado um “diplomata brasileiro”, se o golpe sofrido por seu pai, em 1969, não tivesse alimentado em Sérgio uma certa reação contrária ao Brasil e seu serviço exterior. Compreende-se inteiramente, mas isto mais uma vez não vem ao caso neste texto que pretende, tão simplesmente, retomar o problema do terrorismo e o das reações que esse ato sucitou no Brasil, para daí fazer uma reflexão mais geral sobre a atitude de certos meios políticos em relação a esse tipo de ação política. Desejo, de toda forma, deixar registrada minha imensa dor, pessoal, não diplomática e de forma nenhuma “nacional”, pela perda de uma simples vida humana, que, no caso de Sérgio, era a de um funcionário intensamente engajado na defesa de certos princípios que ele tinha em alta conta, enquanto “cidadão do mundo”: a dignidade da vida humana, os esforços para minorar os sofrimentos de populações desprovidas de tudo, o resgate dos sem defesa.
Ação e reação: algumas declarações infelizes
Sua morte trágica despertou, como vimos, as reações mais sentidas e sinceras de dor e, em vista da associação efetuada nos meios políticos e na imprensa internacional, uma vinculação com o Brasil que nunca tinha de fato existido durante suas funções como funcionário da ONU. O presidente Lula declarou três dias de luto oficial no Brasil e as embaixadas foram instruídas a abrir livros de condolências para recolhimento de mensagens e assinaturas. O avião presidencial foi buscar o seu corpo em Bagdá, recolheu a família em Genebra para o memorial em sua homenagem no Rio de Janeiro antes de levá-lo de volta a Genebra para o sepultamento. Estas as informações quanto ao caso em si, que ocupou boa parte da penúltima semana do mês de agosto.
Vejamos agora algumas outras informações do lado das reações ao atentado. Segundo o Informe da Liderança do PT na Câmara dos Deputados, do dia 20 de agosto, para o deputado Paulo Delgado (PT-MG), Sérgio Vieira de Mello “É mais uma vítima do ódio e da animosidade que a política atual dos Estados Unidos impôs à ONU nos países do Oriente Médio”. Ouso arriscar dizer, com base nessas declarações do deputado, que se o atentado tivesse sido feito unicamente contra alvos militares americanos – contra o quartel general das forças americanas no Iraque, por exemplo – a comoção e o sentimento de horror contra atos desse tipo não teriam sido tão grandes e talvez tivessem sido até “justificados”, como “reação”, quem sabe “legítima”, à política de ocupação.
Não quero com isso afirmar que o deputado encontre qualquer justificativa moral em atos bárbaros como esse cometido contra o escritório da ONU e seus funcionários, mas ouso afirmar, sim, que ele revela uma disposição, talvez inconsciente, em classificar atos de terrorismo segundo o destinatário e as circunstâncias. Digo isto porque estou até hoje chocado com o que li na imprensa brasileira no imediato seguimento dos atentados terroristas contra o World Trade Center em Nova York e contra o Pentágono em Washington, que fizeram mais de três mil vítimas inocentes. Desejo expor estas poucas informações antes de retomar o fio de minhas reflexões sobre o terrorismo e seu “acolhimento” em certos meios políticos do Brasil.
No próprio dia, ou no dia seguinte aos bárbaros atentados, a imprensa nacional recolheu declarações do deputado estadual Roque Grazziotin (PT-RS), segundo as quais o parlamentar considerava o atentado a “conseqüência do processo de dominação” norte-americana no mundo (O Estado de São Paulo, 12.09.01). Outro deputado do PT gaúcho, Edson Portilho, disse que, “por coerência”, lamentava que “milhares de vidas tenham sido ceifadas” nos Estados Unidos, mas comparou o atentado a outros episódios em que o governo norte-americano foi responsável: “São as mesmas cenas que o mundo repudiou no Vietnã e no Oriente Médio e que foram patrocinadas pelos Estados Unidos”, afirmou. Por sua vez, a então deputada estadual (hoje federal) Luciana Genro disse que “essa tragédia é de responsabilidade do governo norte-americano, porque os Estados Unidos promovem o terrorismo de Estado no mundo inteiro” (OESP, 12.09.01).
Mais algumas declarações recolhidas pela mesma reportagem do jornal paulista: o Sindicato dos Bancários de Porto Alegre, filiado à CUT, distribuiu uma nota com o seguinte título: “Atentados em Nova York: trabalhadores continuarão combatendo o imperialismo”. No texto, os sindicalistas afirmaram que, “numa consulta a lideranças políticas e sindicais”, concluíram que “a unanimidade das lideranças condena esse tipo de iniciativa, cuja grande massa de vítimas são inocentes. No entanto, também há um consenso de que a política externa dos Estados Unidos é um agente provocador de tal reação”. Por fim, o presidente estadual do PT-RS, Silvino Heck, disse que respeitava “as posições dos movimentos sociais” e concordava que o episódio “nos obriga a repensar a política americana”, mas considerava “injustificável qualquer ato de terrorismo”. Ainda assim, ele condenou antecipadamente a decisão americana de retaliar o atentado (Idem).
Estas são “explicações” que tentam racionalizar ou mesmo “justificar” os atos terroristas, colocando a responsabilidade primeira sobre os ombros da potência imperial. Existe também outro tipo de “racionalização” desse tipo de atentado – quando cometido contra um alvo “imperialista”, entende-se – que tenta minimizar os bárbaros fatos que ceifam vidas inocentes em nome de não se sabe bem qual causa política. Assim, por exemplo, o então deputado (hoje senador) Aloízio Mercadante (PT-SP), secretário de Relações Internacionais do partido, minimizou a importância dos atentados. Para ele, não se deve “exagerar na dimensão do episódio. Qualquer terremoto ou furacão na Flórida faz mais vítimas e provoca estragos muito maiores” (Jornal da Tarde, 18.09.01). Esse tipo de afirmação é no mínimo insensível e, em última instância, revela um certo desprezo pela perda de vidas humanas, quando resultando de algum tipo de “enfrentamento político” que possa colocar num dos lados da balança o tradicional “opressor imperialista”.
O terrorismo à la carte: a caracterização depende da vítima
Pois bem, a questão que eu desejo tratar neste texto é, como disse ao começo, a das reações brasileiras ao terrorismo e o problema do “acolhimento” que ele encontra em certos meios políticos do Brasil quando cometido em determinadas circunstâncias que o tornam – ou parecem tornar – politicamente “palatável”. Não é necessário para isso voltar a expor determinados “fatos” e outras tantas “declarações”, relativamente, por exemplo, ao terrorismo utilizado pelas FARC – ou outras forças políticas – na Colômbia ou ainda à infernal sucessão de atentados suicidas palestinos, retaliações israelenses e novos atos de terror cometidos pelos grupos mais extremistas. Vou deixar de lado, para tal efeito, outras evidências tocantes a atentados e grupos terroristas ativos em determinados países ou regiões – país basco, Irlanda do Norte, Chechênia, Sri Lanka, etc – para concentrar-me em suas manifestações especificamente anti-americanas e fundamentalistas islâmicas.
Para isso retomo uma afirmação anterior minha: se o atentado de Bagdá tivesse envolvido unicamente alvos americanos, ainda que de forma igualmente cruel e suicidária, é possível que não apenas ele tivesse provocado uma certa negligência em relação a seus resultados em termos de vidas humanas, como talvez tivesse suscitado algumas declarações absolutamente inaceitáveis como as que registramos mais acima em relação aos atentados de 2001, todas no sentido da racionalização, da minimização, ou mesmo da justificação, quando não no da “compensação” (provavelmente por algum “crime imperialista” previamente cometido).
Confesso minha surpresa, ou talvez minha incompreensão, ao deparar-me com esse tipo de manifestação “política”: um certo anti-imperialismo primário, que se desdobra em anti-americanismo visceral, consegue embotar determinadas mentes, que aparentemente não se dão conta de que estão coonestando os mais bárbaros atentados aos direitos humanos (no plano individual) ou aos direitos civis de grupos humanos (quando organizados contra países e sociedades), ao mesmo tempo em que, aqueles que assim procedem, conseguem ser condescendentes com forças reacionárias ou absolutamente intolerantes no plano da civilização humana, desde o Iluminismo pelo menos.
Gostaria, em todo caso, de fazer uma distinção entre, de um lado, as “velhas” formas de luta política, que foram utilizadas em diversos continentes para a conquista do poder, e que envolviam até mesmo o uso da força militar e de atentados taticamente dirigidos contra autoridades do “aparelho repressor do Estado burguês”, e, de outro, as novas modalidades de atentados terroristas cujos “objetivos (pretensamente) estratégicos” superam quaisquer considerações táticas para o atingimento de “fins” que se revelam dúbios quando não absolutamente indeterminados.
Cada um tem o terrorista que merece: uma questão de semântica?
Na América Latina, por exemplo, a luta política envolveu meios táticos – até mesmo alguns atentados – para atingir objetivos ditos estratégicos – a tomada do poder – com o recurso clássico aos métodos “consagrados” nessa área: luta guerrilheira, golpe de estado, quartelada, greves gerais, enfim, o cenário habitual assistido pelas duas últimas gerações de militantes revolucionários. Na passagem do século 19 ao 20, ações levadas a cabo por anarquistas envolveram um certo recurso a métodos “terroristas”, mas eram em geral atentados contra dirigentes políticos, resultado em algumas poucas vítimas civis. No decorrer do século 20, porém, a luta guerrilheira respeitou no mais das vezes as “leis da guerra”, ainda que em determinadas ocasiões os setores dirigentes tenham acusado os responsáveis políticos de tais grupos de serem “terroristas”. Assim ocorreu até mesmo no Brasil, quando, no auge da luta político-militar contra o regime ditatorial, a censura à imprensa então reinante obrigava o uso da expressão “terrorista” em lugar do preferido pelos próprios combatentes de esquerda, o de “guerrilheiros”.
De fato, no Brasil, tivemos muito poucos atentados terroristas e os que de fato ocorreram estiveram em geral associados à extrema direita ou mesmo ao aparelho militar de segurança e repressão. Não preciso lembrar alguns episódios de triste memória, como o atentado do Riocentro, em 1981, um “acidente de trabalho” que vitimou os próprios perpetradores, dois militares a serviço do aparelho repressor da ditadura, ou ainda a carta-bomba encaminhada à OAB-RJ, assim como várias outras bombas suspeitas, que eram invariavelmente atribuídos a “terroristas de esquerda”.
Por sua vez, os guerrilheiros urbanos de esquerda (apenas “patriotas equivocados” no entender do Partidão) passaram praticamente o tempo todo assaltando bancos para se municiarem de recursos (“expropriação”), seqüestrando diplomatas para exigir a libertação de companheiros presos ou então cometendo alguns pouco atentados tópicos para efeitos de “propaganda revolucionária”. Tal foi o caso, por exemplo, do atentado a carro bomba contra o quartel-general do II Exército em São Paulo (1968), que vitimou um único soldado, por despreparo deste último em lidar com esse tipo de situação. Num outro caso, mais rumoroso e politicamente contestável, foi assassinado a sangue frio um capitão do Exército americano que estava dando “assistência técnica” a seus colegas brasileiros em táticas de luta anti-guerrilheira. Quanto à guerrilha rural, nenhum dos grupos foi muito adiante e a única tentativa mais estruturada – a do PcdoB, no Araguaia – não tinha a mínima chance de crescer política ou territorialmente até ser esmagada por forças superiores do “exército burguês”.
As muitas sombras na América Latina: da guerrilha ao narcotráfico
Nos demais países, igualmente, a guerrilha – foi o caso obviamente de Cuba, da Nicarágua, de El Salvador, do Peru, da Venezuela, e até certo ponto da Colômbia – observou táticas tipicamente “guevaristas” até ser igualmente derrotada ou reconverter-se na luta política. Os países do Cone Sul conheceram métodos tipicamente urbanos, com poucos ensaios de colunas rurais e algum recurso aos assassinatos políticos (Tupamaros e Montoneros, por exemplo). Foram poucos os casos de desvio para a criminalidade política, para a associação com grupos de narcotraficantes (quando não o exercício direto da atividade) ou para o uso tópico ou extensivo do terrorismo, como ocorreu nos casos mais recentes do Sendero Luminoso, no Peru, ou das FARC, na Colômbia.
Nestes casos extremos, do Sendero Luminoso e das FARC colombianas, nos quais tornou-se notória a criminalidade e a falta de legitimidade política de grupos aos quais já não mais se pode dar o nome de movimentos políticos, não deveria haver nenhuma ambiguidade política por parte dos demais grupos de esquerda no sentido da condenação mais explícita e declarada. O “objetivo” – de toda forma distante – da conquista do poder político não pode mais justificar o emprego de meios criminosos que acabam sacrificando a população no altar de justificativas difusas e de toda forma desprovidas de um mínimo de legitimidade social.
Esses bandos armados passam a viver dos próprios empreendimentos criminosos, que já não seriam justificáveis nem como meros instrumentos da “acumulação de forças”, pois eles acabaram se convertendo, praticamente, no único “negócio” praticado pelos novos senhores da guerra: extorsões, seqüestros, julgamentos sumários e fuzilamentos, produção e transporte de drogas, sem descartar o emprego de atentados de tipo terrorista, já que envolvendo a explosão de lugares públicos com a perda de vidas civis inocentes. Não há dúvida que as regras da guerra foram rompidas, em que pese as justificativas alegadamente políticas – travestidas em linguajar político de “esquerda” – que são mobilizadas para legitimar movimentos desprovidos de qualquer legitimação social.
Um outro universo, um outro terror: o estoque infindável de bombas-humanas
A despeito desses exemplos ignominiosos para uma consciência de “esquerda”, o emprego do terror permanece limitado nos países ocidentais. Outra realidade e outra dimensão têm as ações de grupos fundamentalistas islâmicos, num arco de países que vai do Magreb africano ao Pacífico, passando pelo Oriente Médio, algumas partes da Ásia central e diferentes regiões do sul da Ásia. Não por acaso esse mesmo arco corresponde ao espectro civilizacional islâmico e aqui quero deixar bem claro que não pretendo ser politicamente correto nem exercer qualquer tipo de relativismo histórico.
Pois bem: assim como existe um “anti-capitalismo” visceral, entranhado em várias correntes de nossas esquerdas (que no mais das vezes são absolutamente inocentes de quaisquer ações “criminosas” conduzidas em nome dessa ideologia, ainda que possam ser politicamente estúpidas, aliás como muitos grupos de extrema direita), existe, quero crer, um “anti-humanismo” visceral, irredutível, entranhado em diversos grupos religiosos de extração islâmica ou associados às formas mais integristas desse culto. As bombas, neste caso, são um elemento puramente residual: de resto, existem muito menos bombas disponíveis do que candidatos ao martírio purificador.
Não se trata neste caso de simplesmente preconizar a violência armada para lograr certos fins políticos. Alguns dirigentes do MST, por exemplo, parecem acreditar que estão em Petrogrado, em 1917, às vésperas do assalto ao Palácio de Inverno, e para isso preparam suas “tropas”, num cenário de “embate” futuro contra as forças da burguesia e do latifúndio. Tudo isso é, posto de forma benigna, ingenuidade ou, no máximo, burrice consumada, mas não se pode acusar os dirigentes de tal grupo de praticarem o terrorismo político ou atentados indiscriminados. Eles seguem o antigo padrão leninista e maoísta da conquista do poder, mas parecem diretamente saídos de um velho filme do Eisenstein e conseguem ser tão desfocados e ridiculamente maniqueístas quanto os antigos manuais stalinistas do materialismo dialético.
Eu estou me referindo ao “moderno” terrorismo fundamentalista que, salvo um ou outro caso esparso na rude geografia dos “novos bárbaros”, se revela ser basicamente de inspiração – se tal conceito pode ser usado neste caso – islâmica. Não me consta, por exemplo, que bascos, irlandeses ou colombianos estejam se explodindo a si mesmos todo dia, ou planejando mortes gratuítas em escala “industrial”. O culto da morte não só existe como é consagrado na promessa do paraíso eterno para os “mártires” da causa, paraíso bem estranho para os padrões usualmente recatados da separação sexual na vida terrena, pois que providos de incontáveis virgens para os prazeres do guerreiro.
Uma miopia voluntária ou incapacidade de realizar certas distinções?
A esquerda brasileira não parece ter refletido sobre o terrorismo especificamente islâmico e não me consta que dela tenha emergido uma condenação in totum desse tipo de “luta política”. Na verdade, não vejo como atribuir-se a classificação de “luta política” a ações armadas cujo único objetivo é precisamente esse: infundir o terror, com base numa distinção étnica ou religiosa que nos remete aos piores momentos das guerras de religião, das cruzadas de reconquista ou do genocídio hitlerista.
O fato é que o mundo reencontra, em pleno século 21, alguns velhos fantasmas da intolerância religiosa e do fanatismo político que pensávamos terem sido enterrados há muitos anos, ainda que tenhamos observado o recrudescimento da antiga hidra há menos de duas gerações, no coração da Europa “civilizada” e supostamente laicizada. Em todo caso, as manifestações mais brutais do fanatismo político e religioso – os “nossos” fundamentalistas não parecem tentados pela ação armada, ainda que em defesa da “vida” alguns tenham atentado contra a de outros – parecem hoje confinados a sociedades do arco islâmico que podem ser consideradas “falidas”.
Essa falência não é a de um grupo ou de uma seita, mas de todo um espectro político ou religioso – no Islã ambas as esferas se confundem – que se revela incapaz de realizar o salto para a modernidade. Independentemente da maior ou menor capacidade de sociedades islâmicas específicas realizarem a transição para um conjunto de normas baseadas no “contrato social”, que por sua vez fundamentam um poder político baseado na responsabilidade individual e na plena liberdade de crenças e de atitudes, a natureza dessa devoção religiosa sustenta uma atitude de intolerância e de exclusivismo que está na raiz do comportamento fundamentalista que por sua vez sustenta o terrorismo cego.
Tal postura precisa ser condenada sem qualquer ambigüidade no plano das idéias e suas manifestações práticas e atitudes suicidárias precisam ser combatidas sem qualquer hesitação, se necessário pela força, já que elas são capazes de impor sacrifícios terríveis a comunidades pacíficas (em alguns casos de sua própria sociedade, como revelado no caso bárbaro da guerra civil argelina). Contingências históricas das sociedades islâmicas – com a falência de seus estados não institucionalizados – levaram ao domínio do Ocidente sobre aquela região, com o que surgiu um tipo de terrorismo anti-ocidental que tenta encontrar o seu bode expiatório nessa dominação estrangeira (da qual Israel faria parte).
Capitalismo ou barbárie?: a difícil modernização do “despotismo oriental”
Os processos políticos de modernização são por vezes dolorosos, como revelado nas primeiras “revoluções burguesas” do Ocidente – com decapitação de reis, guerras civis devastadoras etc. – mas o terrorismo islâmico tampouco responde a esses surtos de adaptação a novas situações ou circunstâncias históricas. Ele é totalmente negativo, mesmo para as próprias sociedades que o abrigam e se situa inteiramente no terreno do nihilismo político e da negação de qualquer norma civilizada.
Isso não parece ter sido compreendido pelas forças políticas do Ocidente que são normalmente identificadas com a esquerda, em parte porque esses fundamentalistas também deblateram contra a dominação ocidental e o imperialismo americano, tradicionais demônios ideológicos da esquerda ocidental. Com isso elas acabam sendo coniventes com os piores crimes já cometidos contra civis inocentes de que se tem notícia e que não se resumem aos bárbaros atentados de setembro de 2001. A esquerda ocidental parece ter deixado lado certos imperativos morais que se colocam acima e além das conveniências políticas.
A cegueira mental e a irresponsabilidade política não se dá apenas no caso extremo do fundamentalismo islâmico, de certa forma condenado – ainda que de forma mais ou menos retórica e formal – por quase todos os grupos esclarecidos das sociedades modernas. Ele pode ocorrer em outros casos, também, de conseqüências igualmente trágicas para as sociedades envolvidas. Refiro-me, por exemplo, à fase inicial das guerras balcânicas, quando a pretexto de se opor à intervenção das forças da OTAN – sob comando dos EUA e supostamente a serviço da potência imperial – se permitiu que sérvios (e outros) levassem a efeito limpezas étnicas em certas regiões (Bósnia, Kossovo etc.), até que a indignidade dos atentados aos direitos humanos cometidos por Milosevic e sua tropa de esbirros praticamente obrigou as potências ocidentais a intervirem.
Como os europeus são de muito falar e pouco fazer, coube aos americanos parar com o banho de sangue, e ainda assim apenas sob pressão de sua própria opinião pública, pois se dependesse do comando político eles não teriam voltado a esse tipo de aventura, escaldados que foram por certas desventuras do passado (Líbano, Somália etc.). No caso da Ruanda, como falhou esse tipo de pressão – tanto por desinformação voluntária como por desinteresse – , mais de 500 mil pessoas morreram antes que fosse empreendida uma intervenção humanitária.
Lembro-me muito bem, naquela primeira fase das guerras balcânicas, na primeira metade dos anos 1990, como a esquerda européia realizou manifestações ruidosas contra a OTAN e contra qualquer intervenção militar na Iugoslávia, numa rara demonstração de cegueira política que chegou às raias da imbecilidade criminosa. De certa forma, a mesma coalizão de néscios se reproduziu em relação ao caso do Afeganistão e, com muito mais força, no caso do Iraque (independentemente do caráter mais ou menos ilegal da intervenção dos EUA contra Saddam Hussein).
A denúncia dos “crimes americanos” é atávica em certos grupos, ao mesmo tempo em que se passa sob silêncio todos os atentados aos direitos humanos – constantes, diários, insuportáveis – que se cometem em várias ditaduras do Terceiro Mundo, algumas aliás não muito distantes dos cenários mais amenos existentes nas capitais ocidentais. No próprio Brasil, aliás, o sentimento anti-americano parece ser disseminado, na imprensa e nos meios acadêmicos em geral, por razoes por vezes primárias, mas geralmente contraditórias. De fato, as mesmas pesquisas que indicam uma rejeição muito forte aos EUA e seus dirigentes – que podem ou não corresponder aos estereótipos – também confirmam uma aceitação acrítica de produtos, modismos e outros símbolos culturais da sociedade americana.
Alguns valores são universais, e até mesmo da mais remota antiguidade
Em resumo, os acadêmicos em geral, mas a esquerda em particular, precisa acordar para tomar consciência da leniência com que vem tratando o fenômeno da “luta política” de certos grupos fundamentalistas do arco islâmico. Ela não precisa fazê-lo em nome da “democracia burguesa” ou da “economia de mercado”, e muito menos em nome do “Ocidente capitalista”. Que ela o faça, tão simplesmente, em nome dos valores universais do Iluministmo, tais como existentes em sociedades laicas, tolerantes, ou simplesmente humanistas. Se desejar fazê-lo em nome do budismo, excelente também, pois a defesa da vida humana e dos princípios da liberdade não se resumem aos valores pertencentes ao arco civilizacional da ética judaico-cristã.
O cristianismo, por certo, herdou princípios de respeito à vida que derivam das regras ancestrais do velho judaísmo, mas outras religiões igualmente, como o budismo e outros cultos orientais, chegaram de forma independente à afirmação de normas morais que lograram superar práticas sacrificiais que não se restringem às antigas religiões, já que penetraram cultos com pretensão à universalidade. O secularismo, de toda forma, se fez em grande medida contra a intolerância religiosa e, por extensão, política. Não seria exagerado dizer que certas seitas políticas da nossa era apresentam um comportamento propriamente “religioso”.
O importante seria traçar uma linha moral entre o aceitável e o inaceitável na luta política. O primado do direito internacional e o respeito aos direitos humanos não são invenções burguesas estabelecidas para qualquer opressão de classe, eles são paradigmas do progresso humano num mundo que por vezes pode dar a impressão, pelo espetáculo de miséria ainda acumulada, de avanços apenas relativos nesses campos. Em face das cenas e atos tão bárbaros como os assistidos nos últimos anos e meses, não há como não proclamar-se: Abaixo a intolerância e o fanatismo! Viva a razão!
Artigo publicado na Revista Espaço Académico - Nº28 - Setembro de 2003 - ISSN 1519.6186
Link,http://www.espacoacademico.com.br/028/28pra.htm, consultado a 19 de Agosto de 2007
O atentado contra o escritório da ONU em Bagdá e as reações no Brasil
Paulo Roberto de Almeida*
(*Doutor em Ciências Sociais, diplomata, autor de vários trabalhos sobre relações internacionais e política externa do Brasil).
Artigo publicado na Revista Espaço Académico - Nº28 - Setembro de 2003 - ISSN 1519.6186
Foi preciso, helàs, a trágica morte de um brasileiro trabalhando numa posição de destaque no plano internacional – a do funcionário da ONU Sérgio Vieira de Mello, em Bagdá, no dia 19 de agosto de 2003 – para despertar no Brasil e nos brasileiros um verdadeiro sentimento de horror, suscitando reações de justa indignação, de nítida rejeição ao ato bárbaro e de sincera comiseração pela perda de uma vida devotada à causa humanitária.
Um atentado que se ouviu no Brasil
Devemos em primeiro lugar lembrar que Sérgio Vieira de Mello não foi o único sacrificado pela fúria suicidária e genocida dos terroristas que explodiram um carro bomba junto ao escritório da ONU em Bagdá: junto com ele pereceram pelo menos 20 outras pessoas, além de muitos outros feridos. Caberia também registrar que a comoção no Brasil deveu-se, em parte, a um erro da imprensa internacional – e brasileira – ao identificar, primeiramente, Sérgio Vieira de Mello como um “diplomata brasileiro”, quando ele, na verdade, era apenas brasileiro e “estava” diplomata pela natureza de suas funções desempenhadas na última fase de sua vida. Filho de pai diplomata cassado pelo regime de 1964, ele viveu muito pouco no Brasil e tornou-se um burocrata internacional praticamente desde o início de sua vida profissional, trabalhando para o escritório de refugiados da ONU, com sede em Genebra. Conheci pessoalmente Sérgio Vieira de Mello em Genebra no final dos anos 1980, e minha esposa chegou a dar aulas de Portugês e de cultura brasileira a seus dois filhos, que eram franceses mas que ele pretendia “transformar” em brasileiros, ou pelo menos mais conhecedores da língua e das coisas do Brasil.
Mas esse parênteses não vem ao caso agora, pois eu estava comentando que sua identificação equivocada como “diplomata brasileiro” gerou uma bem-vinda torrente de manifestações de solidariedade e de condolências em direção das autoridades brasileiras, que se movimentaram rapidamente para prestar uma última homenagem a um funcionário internacional que, finalmente, teve muito pouco a ver com o Brasil, e muito pouco a dever ao Brasil, ao longo de uma carreira exemplar de servidor da ONU. Pela natureza de suas funções, desde as missões nos Balcãs, depois no Timor Leste e finalmente no Iraque, ele efetivamente era um diplomata internacional, ainda que suas missões anteriores tenham tido um caráter mais técnico-humanitário do que propriamente diplomático. Ele era, desde junho de 2003, o enviado especial do Secretário-Geral da ONU em missão no Iraque, no desempenho, portanto de funções “diplomáticas”, em licença de seu cargo de Alto Comissário das Nações Unidas para os Direitos Humanos, uma função bem mais burocrática, mas que também exige altas doses de diplomacia, pois que implicando um tratamento sensível e delicado de atentados aos direitos humanos num contexto inter-estatal no qual a soberania dos países membros ainda não encontra limitações de fato.
Ele poderia ter se tornado um “diplomata brasileiro”, se o golpe sofrido por seu pai, em 1969, não tivesse alimentado em Sérgio uma certa reação contrária ao Brasil e seu serviço exterior. Compreende-se inteiramente, mas isto mais uma vez não vem ao caso neste texto que pretende, tão simplesmente, retomar o problema do terrorismo e o das reações que esse ato sucitou no Brasil, para daí fazer uma reflexão mais geral sobre a atitude de certos meios políticos em relação a esse tipo de ação política. Desejo, de toda forma, deixar registrada minha imensa dor, pessoal, não diplomática e de forma nenhuma “nacional”, pela perda de uma simples vida humana, que, no caso de Sérgio, era a de um funcionário intensamente engajado na defesa de certos princípios que ele tinha em alta conta, enquanto “cidadão do mundo”: a dignidade da vida humana, os esforços para minorar os sofrimentos de populações desprovidas de tudo, o resgate dos sem defesa.
Ação e reação: algumas declarações infelizes
Sua morte trágica despertou, como vimos, as reações mais sentidas e sinceras de dor e, em vista da associação efetuada nos meios políticos e na imprensa internacional, uma vinculação com o Brasil que nunca tinha de fato existido durante suas funções como funcionário da ONU. O presidente Lula declarou três dias de luto oficial no Brasil e as embaixadas foram instruídas a abrir livros de condolências para recolhimento de mensagens e assinaturas. O avião presidencial foi buscar o seu corpo em Bagdá, recolheu a família em Genebra para o memorial em sua homenagem no Rio de Janeiro antes de levá-lo de volta a Genebra para o sepultamento. Estas as informações quanto ao caso em si, que ocupou boa parte da penúltima semana do mês de agosto.
Vejamos agora algumas outras informações do lado das reações ao atentado. Segundo o Informe da Liderança do PT na Câmara dos Deputados, do dia 20 de agosto, para o deputado Paulo Delgado (PT-MG), Sérgio Vieira de Mello “É mais uma vítima do ódio e da animosidade que a política atual dos Estados Unidos impôs à ONU nos países do Oriente Médio”. Ouso arriscar dizer, com base nessas declarações do deputado, que se o atentado tivesse sido feito unicamente contra alvos militares americanos – contra o quartel general das forças americanas no Iraque, por exemplo – a comoção e o sentimento de horror contra atos desse tipo não teriam sido tão grandes e talvez tivessem sido até “justificados”, como “reação”, quem sabe “legítima”, à política de ocupação.
Não quero com isso afirmar que o deputado encontre qualquer justificativa moral em atos bárbaros como esse cometido contra o escritório da ONU e seus funcionários, mas ouso afirmar, sim, que ele revela uma disposição, talvez inconsciente, em classificar atos de terrorismo segundo o destinatário e as circunstâncias. Digo isto porque estou até hoje chocado com o que li na imprensa brasileira no imediato seguimento dos atentados terroristas contra o World Trade Center em Nova York e contra o Pentágono em Washington, que fizeram mais de três mil vítimas inocentes. Desejo expor estas poucas informações antes de retomar o fio de minhas reflexões sobre o terrorismo e seu “acolhimento” em certos meios políticos do Brasil.
No próprio dia, ou no dia seguinte aos bárbaros atentados, a imprensa nacional recolheu declarações do deputado estadual Roque Grazziotin (PT-RS), segundo as quais o parlamentar considerava o atentado a “conseqüência do processo de dominação” norte-americana no mundo (O Estado de São Paulo, 12.09.01). Outro deputado do PT gaúcho, Edson Portilho, disse que, “por coerência”, lamentava que “milhares de vidas tenham sido ceifadas” nos Estados Unidos, mas comparou o atentado a outros episódios em que o governo norte-americano foi responsável: “São as mesmas cenas que o mundo repudiou no Vietnã e no Oriente Médio e que foram patrocinadas pelos Estados Unidos”, afirmou. Por sua vez, a então deputada estadual (hoje federal) Luciana Genro disse que “essa tragédia é de responsabilidade do governo norte-americano, porque os Estados Unidos promovem o terrorismo de Estado no mundo inteiro” (OESP, 12.09.01).
Mais algumas declarações recolhidas pela mesma reportagem do jornal paulista: o Sindicato dos Bancários de Porto Alegre, filiado à CUT, distribuiu uma nota com o seguinte título: “Atentados em Nova York: trabalhadores continuarão combatendo o imperialismo”. No texto, os sindicalistas afirmaram que, “numa consulta a lideranças políticas e sindicais”, concluíram que “a unanimidade das lideranças condena esse tipo de iniciativa, cuja grande massa de vítimas são inocentes. No entanto, também há um consenso de que a política externa dos Estados Unidos é um agente provocador de tal reação”. Por fim, o presidente estadual do PT-RS, Silvino Heck, disse que respeitava “as posições dos movimentos sociais” e concordava que o episódio “nos obriga a repensar a política americana”, mas considerava “injustificável qualquer ato de terrorismo”. Ainda assim, ele condenou antecipadamente a decisão americana de retaliar o atentado (Idem).
Estas são “explicações” que tentam racionalizar ou mesmo “justificar” os atos terroristas, colocando a responsabilidade primeira sobre os ombros da potência imperial. Existe também outro tipo de “racionalização” desse tipo de atentado – quando cometido contra um alvo “imperialista”, entende-se – que tenta minimizar os bárbaros fatos que ceifam vidas inocentes em nome de não se sabe bem qual causa política. Assim, por exemplo, o então deputado (hoje senador) Aloízio Mercadante (PT-SP), secretário de Relações Internacionais do partido, minimizou a importância dos atentados. Para ele, não se deve “exagerar na dimensão do episódio. Qualquer terremoto ou furacão na Flórida faz mais vítimas e provoca estragos muito maiores” (Jornal da Tarde, 18.09.01). Esse tipo de afirmação é no mínimo insensível e, em última instância, revela um certo desprezo pela perda de vidas humanas, quando resultando de algum tipo de “enfrentamento político” que possa colocar num dos lados da balança o tradicional “opressor imperialista”.
O terrorismo à la carte: a caracterização depende da vítima
Pois bem, a questão que eu desejo tratar neste texto é, como disse ao começo, a das reações brasileiras ao terrorismo e o problema do “acolhimento” que ele encontra em certos meios políticos do Brasil quando cometido em determinadas circunstâncias que o tornam – ou parecem tornar – politicamente “palatável”. Não é necessário para isso voltar a expor determinados “fatos” e outras tantas “declarações”, relativamente, por exemplo, ao terrorismo utilizado pelas FARC – ou outras forças políticas – na Colômbia ou ainda à infernal sucessão de atentados suicidas palestinos, retaliações israelenses e novos atos de terror cometidos pelos grupos mais extremistas. Vou deixar de lado, para tal efeito, outras evidências tocantes a atentados e grupos terroristas ativos em determinados países ou regiões – país basco, Irlanda do Norte, Chechênia, Sri Lanka, etc – para concentrar-me em suas manifestações especificamente anti-americanas e fundamentalistas islâmicas.
Para isso retomo uma afirmação anterior minha: se o atentado de Bagdá tivesse envolvido unicamente alvos americanos, ainda que de forma igualmente cruel e suicidária, é possível que não apenas ele tivesse provocado uma certa negligência em relação a seus resultados em termos de vidas humanas, como talvez tivesse suscitado algumas declarações absolutamente inaceitáveis como as que registramos mais acima em relação aos atentados de 2001, todas no sentido da racionalização, da minimização, ou mesmo da justificação, quando não no da “compensação” (provavelmente por algum “crime imperialista” previamente cometido).
Confesso minha surpresa, ou talvez minha incompreensão, ao deparar-me com esse tipo de manifestação “política”: um certo anti-imperialismo primário, que se desdobra em anti-americanismo visceral, consegue embotar determinadas mentes, que aparentemente não se dão conta de que estão coonestando os mais bárbaros atentados aos direitos humanos (no plano individual) ou aos direitos civis de grupos humanos (quando organizados contra países e sociedades), ao mesmo tempo em que, aqueles que assim procedem, conseguem ser condescendentes com forças reacionárias ou absolutamente intolerantes no plano da civilização humana, desde o Iluminismo pelo menos.
Gostaria, em todo caso, de fazer uma distinção entre, de um lado, as “velhas” formas de luta política, que foram utilizadas em diversos continentes para a conquista do poder, e que envolviam até mesmo o uso da força militar e de atentados taticamente dirigidos contra autoridades do “aparelho repressor do Estado burguês”, e, de outro, as novas modalidades de atentados terroristas cujos “objetivos (pretensamente) estratégicos” superam quaisquer considerações táticas para o atingimento de “fins” que se revelam dúbios quando não absolutamente indeterminados.
Cada um tem o terrorista que merece: uma questão de semântica?
Na América Latina, por exemplo, a luta política envolveu meios táticos – até mesmo alguns atentados – para atingir objetivos ditos estratégicos – a tomada do poder – com o recurso clássico aos métodos “consagrados” nessa área: luta guerrilheira, golpe de estado, quartelada, greves gerais, enfim, o cenário habitual assistido pelas duas últimas gerações de militantes revolucionários. Na passagem do século 19 ao 20, ações levadas a cabo por anarquistas envolveram um certo recurso a métodos “terroristas”, mas eram em geral atentados contra dirigentes políticos, resultado em algumas poucas vítimas civis. No decorrer do século 20, porém, a luta guerrilheira respeitou no mais das vezes as “leis da guerra”, ainda que em determinadas ocasiões os setores dirigentes tenham acusado os responsáveis políticos de tais grupos de serem “terroristas”. Assim ocorreu até mesmo no Brasil, quando, no auge da luta político-militar contra o regime ditatorial, a censura à imprensa então reinante obrigava o uso da expressão “terrorista” em lugar do preferido pelos próprios combatentes de esquerda, o de “guerrilheiros”.
De fato, no Brasil, tivemos muito poucos atentados terroristas e os que de fato ocorreram estiveram em geral associados à extrema direita ou mesmo ao aparelho militar de segurança e repressão. Não preciso lembrar alguns episódios de triste memória, como o atentado do Riocentro, em 1981, um “acidente de trabalho” que vitimou os próprios perpetradores, dois militares a serviço do aparelho repressor da ditadura, ou ainda a carta-bomba encaminhada à OAB-RJ, assim como várias outras bombas suspeitas, que eram invariavelmente atribuídos a “terroristas de esquerda”.
Por sua vez, os guerrilheiros urbanos de esquerda (apenas “patriotas equivocados” no entender do Partidão) passaram praticamente o tempo todo assaltando bancos para se municiarem de recursos (“expropriação”), seqüestrando diplomatas para exigir a libertação de companheiros presos ou então cometendo alguns pouco atentados tópicos para efeitos de “propaganda revolucionária”. Tal foi o caso, por exemplo, do atentado a carro bomba contra o quartel-general do II Exército em São Paulo (1968), que vitimou um único soldado, por despreparo deste último em lidar com esse tipo de situação. Num outro caso, mais rumoroso e politicamente contestável, foi assassinado a sangue frio um capitão do Exército americano que estava dando “assistência técnica” a seus colegas brasileiros em táticas de luta anti-guerrilheira. Quanto à guerrilha rural, nenhum dos grupos foi muito adiante e a única tentativa mais estruturada – a do PcdoB, no Araguaia – não tinha a mínima chance de crescer política ou territorialmente até ser esmagada por forças superiores do “exército burguês”.
As muitas sombras na América Latina: da guerrilha ao narcotráfico
Nos demais países, igualmente, a guerrilha – foi o caso obviamente de Cuba, da Nicarágua, de El Salvador, do Peru, da Venezuela, e até certo ponto da Colômbia – observou táticas tipicamente “guevaristas” até ser igualmente derrotada ou reconverter-se na luta política. Os países do Cone Sul conheceram métodos tipicamente urbanos, com poucos ensaios de colunas rurais e algum recurso aos assassinatos políticos (Tupamaros e Montoneros, por exemplo). Foram poucos os casos de desvio para a criminalidade política, para a associação com grupos de narcotraficantes (quando não o exercício direto da atividade) ou para o uso tópico ou extensivo do terrorismo, como ocorreu nos casos mais recentes do Sendero Luminoso, no Peru, ou das FARC, na Colômbia.
Nestes casos extremos, do Sendero Luminoso e das FARC colombianas, nos quais tornou-se notória a criminalidade e a falta de legitimidade política de grupos aos quais já não mais se pode dar o nome de movimentos políticos, não deveria haver nenhuma ambiguidade política por parte dos demais grupos de esquerda no sentido da condenação mais explícita e declarada. O “objetivo” – de toda forma distante – da conquista do poder político não pode mais justificar o emprego de meios criminosos que acabam sacrificando a população no altar de justificativas difusas e de toda forma desprovidas de um mínimo de legitimidade social.
Esses bandos armados passam a viver dos próprios empreendimentos criminosos, que já não seriam justificáveis nem como meros instrumentos da “acumulação de forças”, pois eles acabaram se convertendo, praticamente, no único “negócio” praticado pelos novos senhores da guerra: extorsões, seqüestros, julgamentos sumários e fuzilamentos, produção e transporte de drogas, sem descartar o emprego de atentados de tipo terrorista, já que envolvendo a explosão de lugares públicos com a perda de vidas civis inocentes. Não há dúvida que as regras da guerra foram rompidas, em que pese as justificativas alegadamente políticas – travestidas em linguajar político de “esquerda” – que são mobilizadas para legitimar movimentos desprovidos de qualquer legitimação social.
Um outro universo, um outro terror: o estoque infindável de bombas-humanas
A despeito desses exemplos ignominiosos para uma consciência de “esquerda”, o emprego do terror permanece limitado nos países ocidentais. Outra realidade e outra dimensão têm as ações de grupos fundamentalistas islâmicos, num arco de países que vai do Magreb africano ao Pacífico, passando pelo Oriente Médio, algumas partes da Ásia central e diferentes regiões do sul da Ásia. Não por acaso esse mesmo arco corresponde ao espectro civilizacional islâmico e aqui quero deixar bem claro que não pretendo ser politicamente correto nem exercer qualquer tipo de relativismo histórico.
Pois bem: assim como existe um “anti-capitalismo” visceral, entranhado em várias correntes de nossas esquerdas (que no mais das vezes são absolutamente inocentes de quaisquer ações “criminosas” conduzidas em nome dessa ideologia, ainda que possam ser politicamente estúpidas, aliás como muitos grupos de extrema direita), existe, quero crer, um “anti-humanismo” visceral, irredutível, entranhado em diversos grupos religiosos de extração islâmica ou associados às formas mais integristas desse culto. As bombas, neste caso, são um elemento puramente residual: de resto, existem muito menos bombas disponíveis do que candidatos ao martírio purificador.
Não se trata neste caso de simplesmente preconizar a violência armada para lograr certos fins políticos. Alguns dirigentes do MST, por exemplo, parecem acreditar que estão em Petrogrado, em 1917, às vésperas do assalto ao Palácio de Inverno, e para isso preparam suas “tropas”, num cenário de “embate” futuro contra as forças da burguesia e do latifúndio. Tudo isso é, posto de forma benigna, ingenuidade ou, no máximo, burrice consumada, mas não se pode acusar os dirigentes de tal grupo de praticarem o terrorismo político ou atentados indiscriminados. Eles seguem o antigo padrão leninista e maoísta da conquista do poder, mas parecem diretamente saídos de um velho filme do Eisenstein e conseguem ser tão desfocados e ridiculamente maniqueístas quanto os antigos manuais stalinistas do materialismo dialético.
Eu estou me referindo ao “moderno” terrorismo fundamentalista que, salvo um ou outro caso esparso na rude geografia dos “novos bárbaros”, se revela ser basicamente de inspiração – se tal conceito pode ser usado neste caso – islâmica. Não me consta, por exemplo, que bascos, irlandeses ou colombianos estejam se explodindo a si mesmos todo dia, ou planejando mortes gratuítas em escala “industrial”. O culto da morte não só existe como é consagrado na promessa do paraíso eterno para os “mártires” da causa, paraíso bem estranho para os padrões usualmente recatados da separação sexual na vida terrena, pois que providos de incontáveis virgens para os prazeres do guerreiro.
Uma miopia voluntária ou incapacidade de realizar certas distinções?
A esquerda brasileira não parece ter refletido sobre o terrorismo especificamente islâmico e não me consta que dela tenha emergido uma condenação in totum desse tipo de “luta política”. Na verdade, não vejo como atribuir-se a classificação de “luta política” a ações armadas cujo único objetivo é precisamente esse: infundir o terror, com base numa distinção étnica ou religiosa que nos remete aos piores momentos das guerras de religião, das cruzadas de reconquista ou do genocídio hitlerista.
O fato é que o mundo reencontra, em pleno século 21, alguns velhos fantasmas da intolerância religiosa e do fanatismo político que pensávamos terem sido enterrados há muitos anos, ainda que tenhamos observado o recrudescimento da antiga hidra há menos de duas gerações, no coração da Europa “civilizada” e supostamente laicizada. Em todo caso, as manifestações mais brutais do fanatismo político e religioso – os “nossos” fundamentalistas não parecem tentados pela ação armada, ainda que em defesa da “vida” alguns tenham atentado contra a de outros – parecem hoje confinados a sociedades do arco islâmico que podem ser consideradas “falidas”.
Essa falência não é a de um grupo ou de uma seita, mas de todo um espectro político ou religioso – no Islã ambas as esferas se confundem – que se revela incapaz de realizar o salto para a modernidade. Independentemente da maior ou menor capacidade de sociedades islâmicas específicas realizarem a transição para um conjunto de normas baseadas no “contrato social”, que por sua vez fundamentam um poder político baseado na responsabilidade individual e na plena liberdade de crenças e de atitudes, a natureza dessa devoção religiosa sustenta uma atitude de intolerância e de exclusivismo que está na raiz do comportamento fundamentalista que por sua vez sustenta o terrorismo cego.
Tal postura precisa ser condenada sem qualquer ambigüidade no plano das idéias e suas manifestações práticas e atitudes suicidárias precisam ser combatidas sem qualquer hesitação, se necessário pela força, já que elas são capazes de impor sacrifícios terríveis a comunidades pacíficas (em alguns casos de sua própria sociedade, como revelado no caso bárbaro da guerra civil argelina). Contingências históricas das sociedades islâmicas – com a falência de seus estados não institucionalizados – levaram ao domínio do Ocidente sobre aquela região, com o que surgiu um tipo de terrorismo anti-ocidental que tenta encontrar o seu bode expiatório nessa dominação estrangeira (da qual Israel faria parte).
Capitalismo ou barbárie?: a difícil modernização do “despotismo oriental”
Os processos políticos de modernização são por vezes dolorosos, como revelado nas primeiras “revoluções burguesas” do Ocidente – com decapitação de reis, guerras civis devastadoras etc. – mas o terrorismo islâmico tampouco responde a esses surtos de adaptação a novas situações ou circunstâncias históricas. Ele é totalmente negativo, mesmo para as próprias sociedades que o abrigam e se situa inteiramente no terreno do nihilismo político e da negação de qualquer norma civilizada.
Isso não parece ter sido compreendido pelas forças políticas do Ocidente que são normalmente identificadas com a esquerda, em parte porque esses fundamentalistas também deblateram contra a dominação ocidental e o imperialismo americano, tradicionais demônios ideológicos da esquerda ocidental. Com isso elas acabam sendo coniventes com os piores crimes já cometidos contra civis inocentes de que se tem notícia e que não se resumem aos bárbaros atentados de setembro de 2001. A esquerda ocidental parece ter deixado lado certos imperativos morais que se colocam acima e além das conveniências políticas.
A cegueira mental e a irresponsabilidade política não se dá apenas no caso extremo do fundamentalismo islâmico, de certa forma condenado – ainda que de forma mais ou menos retórica e formal – por quase todos os grupos esclarecidos das sociedades modernas. Ele pode ocorrer em outros casos, também, de conseqüências igualmente trágicas para as sociedades envolvidas. Refiro-me, por exemplo, à fase inicial das guerras balcânicas, quando a pretexto de se opor à intervenção das forças da OTAN – sob comando dos EUA e supostamente a serviço da potência imperial – se permitiu que sérvios (e outros) levassem a efeito limpezas étnicas em certas regiões (Bósnia, Kossovo etc.), até que a indignidade dos atentados aos direitos humanos cometidos por Milosevic e sua tropa de esbirros praticamente obrigou as potências ocidentais a intervirem.
Como os europeus são de muito falar e pouco fazer, coube aos americanos parar com o banho de sangue, e ainda assim apenas sob pressão de sua própria opinião pública, pois se dependesse do comando político eles não teriam voltado a esse tipo de aventura, escaldados que foram por certas desventuras do passado (Líbano, Somália etc.). No caso da Ruanda, como falhou esse tipo de pressão – tanto por desinformação voluntária como por desinteresse – , mais de 500 mil pessoas morreram antes que fosse empreendida uma intervenção humanitária.
Lembro-me muito bem, naquela primeira fase das guerras balcânicas, na primeira metade dos anos 1990, como a esquerda européia realizou manifestações ruidosas contra a OTAN e contra qualquer intervenção militar na Iugoslávia, numa rara demonstração de cegueira política que chegou às raias da imbecilidade criminosa. De certa forma, a mesma coalizão de néscios se reproduziu em relação ao caso do Afeganistão e, com muito mais força, no caso do Iraque (independentemente do caráter mais ou menos ilegal da intervenção dos EUA contra Saddam Hussein).
A denúncia dos “crimes americanos” é atávica em certos grupos, ao mesmo tempo em que se passa sob silêncio todos os atentados aos direitos humanos – constantes, diários, insuportáveis – que se cometem em várias ditaduras do Terceiro Mundo, algumas aliás não muito distantes dos cenários mais amenos existentes nas capitais ocidentais. No próprio Brasil, aliás, o sentimento anti-americano parece ser disseminado, na imprensa e nos meios acadêmicos em geral, por razoes por vezes primárias, mas geralmente contraditórias. De fato, as mesmas pesquisas que indicam uma rejeição muito forte aos EUA e seus dirigentes – que podem ou não corresponder aos estereótipos – também confirmam uma aceitação acrítica de produtos, modismos e outros símbolos culturais da sociedade americana.
Alguns valores são universais, e até mesmo da mais remota antiguidade
Em resumo, os acadêmicos em geral, mas a esquerda em particular, precisa acordar para tomar consciência da leniência com que vem tratando o fenômeno da “luta política” de certos grupos fundamentalistas do arco islâmico. Ela não precisa fazê-lo em nome da “democracia burguesa” ou da “economia de mercado”, e muito menos em nome do “Ocidente capitalista”. Que ela o faça, tão simplesmente, em nome dos valores universais do Iluministmo, tais como existentes em sociedades laicas, tolerantes, ou simplesmente humanistas. Se desejar fazê-lo em nome do budismo, excelente também, pois a defesa da vida humana e dos princípios da liberdade não se resumem aos valores pertencentes ao arco civilizacional da ética judaico-cristã.
O cristianismo, por certo, herdou princípios de respeito à vida que derivam das regras ancestrais do velho judaísmo, mas outras religiões igualmente, como o budismo e outros cultos orientais, chegaram de forma independente à afirmação de normas morais que lograram superar práticas sacrificiais que não se restringem às antigas religiões, já que penetraram cultos com pretensão à universalidade. O secularismo, de toda forma, se fez em grande medida contra a intolerância religiosa e, por extensão, política. Não seria exagerado dizer que certas seitas políticas da nossa era apresentam um comportamento propriamente “religioso”.
O importante seria traçar uma linha moral entre o aceitável e o inaceitável na luta política. O primado do direito internacional e o respeito aos direitos humanos não são invenções burguesas estabelecidas para qualquer opressão de classe, eles são paradigmas do progresso humano num mundo que por vezes pode dar a impressão, pelo espetáculo de miséria ainda acumulada, de avanços apenas relativos nesses campos. Em face das cenas e atos tão bárbaros como os assistidos nos últimos anos e meses, não há como não proclamar-se: Abaixo a intolerância e o fanatismo! Viva a razão!
Artigo publicado na Revista Espaço Académico - Nº28 - Setembro de 2003 - ISSN 1519.6186
Link,http://www.espacoacademico.com.br/028/28pra.htm, consultado a 19 de Agosto de 2007
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